BARBARA

France – 2017 – 1h37 – Réalisé par Mathieu Amalric avec Jeanne Balibar, Mathieu Amalric, Vincent Peirani… Prix Jean Vigo 2017 et Prix de la Poésie du cinéma – Un Certain Regard à Cannes

Une actrice va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l’envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle…

D’autres avant lui s’y sont sans doute cassé les dents ou l’on rêvé sans oser s’y risquer : comment et par qui raconter Barbara, son mystère, sa silhouette et le timbre si inoubliable de sa voix, sans trahir le charme si singulier de la diva ? L’idée de génie de Mathieu Amalric est d’avoir choisi l’actrice Jeanne Balibar, qui fut aussi sa muse et sa compagne. Au-delà de la ressemblance physique, l’évidence est troublante : par son magnétisme, son implication totale, Balibar est Barbara. Elle fait revivre à l’écran la longue dame brune au-delà de toutes nos espérances. Très loin de la reconstitution sage d’une époque et de l’embaumement du « biopic », le réalisateur et son scénariste Philippe Di Folco – déjà son complice sur son précédent film TOURNEE – ont choisi le mode du portrait impressionniste, dans un vertigineux un jeu de miroirs (de la chanteuse à l’actrice, d’une voix à l’autre, d’une époque à l’autre), qui recompose de manière poétique et fascinante la légende que l’artiste s’était elle-même forgée. Une réussite éclatante.


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