BELIERS

BeliersIslande – 2015 – 1h33 en VO – Réalisé par Grimur Hakonarson avec Sigurour Sigurjonsson, Theodor Juliusson, Charlotte Boving, Gunnar Jonsson…

Dans une vallée d’Islande. Quelques maisons plantées dans un décor virginal. Dans ce coin du monde où les âmes qui vivent se comptent sur les doigts d’une main, deux frères d’une soixantaine d’années ne se parlent plus. Ils habitent à trois pas l’un de l’autre mais évitent – par fierté mal placée, sûrement – de ranimer des querelles vieilles de quarante ans.

Pour communiquer, ils utilisent donc un chien, (très) fidèle serviteur qui porte de petits messages entre ses vaillants crocs. Pourtant, quand les béliers dont ils s’occupent sont contaminés par la tremblante, ces deux-là doivent trouver une solution et repenser leur relation en profondeur…

C’est un magnifique film d’hiver, un film de neige et de froid, de vent et de glace, une sorte de conte de Noël rude et gaillard, qui cacherait sa chaleur humaine sous les barbes rousses hirsutes et les gros pulls en laine sauvage. BELIERS commence comme une comédie à l’humour scandinave, avec ces concours de beauté dédiés aux bêtes à cornes et ces personnages aux mœurs étranges qui vivent hors du monde.

Puis le film prend une autre dimension, plus lyrique, plus grave – mais toujours explorée de manière très sensible – sur le rapport à la nature, sur le lien entre l’homme et l’animal, sur le lien fraternel qui peut renaître dans l’adversité.

La mise en scène exalte la beauté de ces paysages incroyables, qui rendent encore plus impressionnant le combat des hommes, en particulier dans une scène finale très forte. Et bizarrement on ressort comme réchauffés de ce film singulier, qui a obtenu le Grand Prix « Un Certain Regard » à Cannes avant de faire le tour de tous les festivals…

> à partir du 9/12 à l’Autre Cinéma