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DU SILENCE ET DES OMBRES

(To kill a mockingbird)

USA / 1962 / 2h09 Réalisé par Robert Mulligan avec Gregory Peck, Mary Badham, Phillip Alford

adapté du roman d’Harper Lee Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur


En 1932, dans la petite ville de Maycomb (Alabama), Atticus Finch avocat, veuf, élève ses deux enfants, Scout, âgée de six ans, et Jem, âgé de dix ans. Calpurnia, la gouvernante noire tient la maison. Le petit Dill Harris, âgé de six ans, voisin de la famille Finch, est fasciné par les récits de Jem qui lui parle sans cesse de la « maison hantée » où habite leur mystérieux voisin Boo Radley. Un jour, Bob Ewell, un fermier ivrogne, accuse Tom Robinson, un ouvrier noir d’avoir tenté d’abuser de sa fille, Mayella. Atticus Finch va se charger de sa défense…

Du silence et des ombres ou plutôt To Kill a Mockingbird, film de Robert Mulligan de 1962 est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Harper Lee publié en 1960.
L’accueil de la critique américaine est d’abord défavorable. Elle trouve le livre mal construit, trop sentimental et rempli de clichés sur le Sud. Par contre le public s’enthousiasme tout de suite et après quatre tirages en un an, des centaines de milliers d’exemplaires sont déjà vendus. Le roman reste 80 semaines dans la liste des best-sellers du New York Times.



L’année suivante, en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (titre français du roman) reçoit le prix Pulitzer. Harper Lee rejoint d’illustres lauréats comme Edith Wharton pour Le Temps de l’innocence (1921), Margaret Mitchell pour Autant en emporte le vent (1937), John Steinbeck pour Les Raisins de la colère (1940), Ernest Hemingway pour Le Vieil homme et la mer (1953) ou William Faulkner pour Parabole (1955). L’année suivante, en 1962, malgré ce prix et l’engouement des lecteurs, les studios hollywoodiens ne semblent pas vouloir acheter les droits d’un livre, sans histoire d’amour, manquant d’action et dont le méchant n’est pas puni d’emblée. Le jeune producteur, Alan J. Pakula décide de produire l’adaptation cinématographique du roman et d’en confier la réalisation à Robert Mulligan. Les deux hommes se connaissent déjà et ont fait leurs premières armes ensemble en 1957 au studio Paramount, sur leur premier film respectif : Prisonnier de la peur. Vendu maintenant à plus de quatre millions d’exemplaires, il s’agit pour eux de ne pas décevoir les lecteurs du roman. Le premier souci d’Alan Pakula est de rester fidèle au sujet et à l’esprit du livre. Pour l’adapter il fait appel à Horton Foote que Mulligan a déjà rencontré sur des dramatiques télévisées.

Les choix du studio pour incarner Atticus Finch (le personnage d’avocat inspiré du père de Harper Lee) sont : Rock Hudson (présent dans les deux derniers films de Mulligan, Le Rendez-vous de septembre et L’homme de Bornéo, aussi produits par Universal) et James Stewart qui refuse le rôle trouvant le script trop libéral et craint de participer à un film trop controversé. Pakula et Mulligan envoient le script à Gregory Peck qui le lit dans la nuit et accepte le rôle. Pour s’y préparer, il rencontre Amasa Lee (le père de la romancière) âgé de 82 ans et lui emprunte quelques tics remarqués sur le « vrai » Atticus comme le fait de tripoter sa montre gousset accrochée par une chaîne à son gilet. Pour le tournage Gregory Peck utilisa un accessoire mais se vit offrir des mains de Harper Lee la vraie montre de son père, mort peu avant la sortie du film. Au premier jour de visite sur le plateau, Harper Lee pleura, en découvrant Gregory Peck si ressemblant et lui confia qu’il avait la même petite « bedaine » que son père. Après un vif succès à sa sortie, l’année suivante, en 1963, le film remporte plusieurs Golden Globe et trois Oscars, dont celui de meilleur acteur pour Gregory Peck.

Du silence et des ombres, Les Oiseaux et Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? représentent les Etats-Unis au Festival de Cannes mais la palme d’or revient au Guépard de Luchino Visconti. Le film de Robert Mulligan obtient malgré tout et à l’unanimité le Prix Gary Cooper (créé en 1961 pour reconnaître la valeur humaine du sujet traité par un film). Dans Conversation avec Gregory Peck (1999) documentaire dans lequel Barbara Kopple suit le comédien au cours de conférences-débats avec le public, dans plusieurs villes des Etats-Unis, il avoue que de tous ses rôles et de tous ses films, Atticus Finch et Du silence et des ombres demeure son préféré. En 2003 (deux semaines avant sa mort), l’American Film Institute désigne Atticus Finch comme le plus grand héros de l’histoire du cinéma (dans un classement de 100 héros, Gregory Peck arrive devant Indiana Jones, James Bond, Humphrey Bogart dans Casablanca et Gary Cooper dans Le Train sifflera trois fois)

Pour mesurer l’importance du roman il faut savoir que Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur a été vendu à 30 millions d’exemplaires depuis sa première parution et qu’un million de livres continuent d’être vendus chaque année. Il a été traduit en quarante langues et n’a jamais été épuisé depuis sa sortie. Il est l’un des dix livres les plus fréquemment étudiés dans les classes américaines. Une étude de 1991 montre qu’après la Bible, c’est l’ouvrage le plus souvent cité comme ayant changé la vie de ses lecteurs.

 

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