Gabrielle

Canada – 2013 – 1h44 – Réalisé par Louise Archambault avec Gabrielle Marion-Rivard, Alexandre Landry
Gabrielle

Gabrielle et Martin s’aiment. Ils aimeraient pouvoir s’aimer sans contrainte mais ça n’est pas simple. Ils souffrent tous les deux d’une déficience intellectuelle qui les rend dépendants. Leur entourage, notamment leurs familles respectives, les soutiennent mais la décision de les laisser s’installer ensemble, rien que tous les deux, est difficile à prendre. L’autonomie est une bataille à mener dans les moindres détails de la vie quotidienne. C’est dans la chorale des « Muses » que Gabrielle et Martin se côtoient et chantent ensemble. Ils préparent un grand concert avec Robert Charlebois. C’est l’occasion rêvée de se retrouver hors des carcans et des interdits habituels.

 La réalisatrice Louise Archambault explique avoir fait un film avec des handicapés intellectuels et non sur eux. En optant pour le choix radical d’une comédienne principale atteinte d’une telle déficience, elle était d’emblée en phase avec son sujet. Mais précisément, Gabrielle interprète son personnage sans se contenter de reproduire son quotidien. Gabrielle n’est pas un film à thèse mais un magnifique portrait de femme doublé d’une histoire d’amour à faire fondre les cœurs les plus endurcis. L’univers des animateurs spécialisés, de l’appartement en semi-autonomie, de la chorale des Muses est décrit avec sobriété, sans effet artificiel de mélodrame. La chanson « Ordinaire » interprétée par Martin – Alexandre Lamy, époustouflant – résume en un cri magnifique l’envie des deux amants de pouvoir voler de leurs propres ailes malgré leurs plumes un peu courtes.

A l’Atalante >du 30 octobre au 5 novembre