Henri

Belgique / France – 2013 – 1h47 – Réalisé par Yolande Moreau avec Pippo Delbono, Miss Ming, Jackie Berroyer…

henriHenri et sa femme tiennent un bar dans les environs de Charleroi. Avec sa gueule de chien battu, sa passion pour les pigeons et son alcoolisme résiduel – deux passe-temps qu’ils partagent avec ses copains – Henri est ce que l’on pourrait appeler un bon bougre. La mort subite de sa femme le fait vaciller. Sans elle, sans le duo qu’ils formaient pour les services du midi achalandés, il se sent un peu paumé. Pour l’aider au bar, sa fille lui suggère de solliciter l’aide d’un papillon blanc, c’est à dire un pensionnaire de l’établissement spécialisé pour déficients mentaux. Ce sera Rosette. Avec sa bonne bouille et son dos un peu courbe, elle parvient peu à peu à se faire une place auprès d’Henri et de ses compères. Elle fait le dos rond justement sur les railleries grivoises de ces derniers, son dévouement à Henri est plus important. Mais son imagination ne dépasse-t-elle pas la réalité ? Et lui Henri, que ressent-il exactement pour Rosette ? Ils fuiront ensemble pour le savoir.

C’est avec une grande joie que l’on retrouve Yolande Moreau derrière (et fugacement devant aussi) la caméra pour son deuxième long-métrage. Elle signe un film qui porte entièrement sa patte, celle d’une grande humanité. Le regard qu’elle porte sur les personnages est d’une infinie bonté. Cela ne veut pas dire que le film verse dans la mièvrerie, bien au contraire, il se confronte à des situations limites en terme de sentiment et de morale. Très consciente de l’âpreté du quotidien qu’elle décrit, Yolande Moreau sait néanmoins prendre le temps de faire décanter les situations afin que le dépôt aigre disparaisse et que l’on ne goûte et garde au cœur que la grandeur d’âme qui se dégage de son film.

L’Autre Cinéma > du 18 au 30 décembre