LA TENDRE INDIFFÉRENCE DU MONDE

Kazakhstan – 2018 – 1h39 en VO – Réalisé par Adilkhan Yerzhanov avec Dinara Baktybayeva, Kuandyk Dussenbaev, Teoman Khos…

La belle Saltanat et son chevalier servant Kuandyk sont amis depuis l’enfance. Criblée de dettes, la famille de Saltanat l’envoie dans la grande ville où elle est promise à un riche mariage. Escortée par Kuandyk qui veille sur elle, Saltanat quitte son village pour l’inconnu. Les deux jeunes gens se trouvent entraînés malgré eux dans une suite d’événements cruels et tentent d’y résister de toutes les façons possibles…

Dès les premiers instants, l’évidence est là : on est saisis par la beauté simple des images, par les plans larges, colorés et lumineux, composés comme autant de tableaux méticuleux, naïfs et pleins de grâce. Il y a quelque chose du cinéma muet et de Chaplin, dans le mélange de drôlerie et de mélodrame comme dans le sens du rythme, mais aussi du Kaurismäki, dans la poésie et la précision du cadre et du découpage, soucieux de donner de la dignité à ces jeunes gens en lutte contre la corruption et l’adversité. On pourrait citer mille détails témoignant de la sensibilité, de la culture, du goût de l’épure de ce cinéaste esthète et fan de Camus – le titre est un hommage aux dernières lignes de L’ETRANGER -, mais on retiendra la douceur de cette histoire éternelle, magnifiée par la grâce de ces Roméo Juliette modernes. Une merveille. (Merci aux cinémas Utopia pour l’inspiration du texte et à Arizona films, également distributeur de ÁGA, d’être pourvoyeur de si belles découvertes !).


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.