La Vénus à la Fourrure

France/Pologne-2013-1h36 Réalisé par Roman Polanski avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric…
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Le metteur en scène Thomas Novachek cherche désespérément une comédienne pour le rôle de La Vénus à la fourrure qu’il adapte pour la scène. Seul dans le théâtre au soir tombé, il est accablé par les interminables auditions passées dans la journée quand Vanda pousse les portes du théâtre comme une tornade. Elle s’impose à lui. Il ne trouve pas les mots pour la mettre dehors et lui dire qu’elle incarne immédiatement la vulgarité et la superficialité qu’il déteste. Pourtant, à sa grande surprise, dès qu’elle prononce les premières phrases du texte, il découvre sa Vénus. L’audition impromptue se transforme en répétition. Thomas donne la réplique à Vanda, il n’est pas au bout de ses découvertes. Elle va le bousculer, lui et ses certitudes, bien plus qu’il n’aurait pu l’imaginer.
Soyons-en sûrs, Roman Polanski est un immense réalisateur. La virtuosité déployée pour faire de ce huis-clos théâtral un film de cinéma, un vrai, un beau, est incomparable. La maîtrise de tous les compartiments de la mise en scène est exemplaire. Se dégage du film une impressionnante fluidité qui fait ressentir au spectateur une sensation grisante : on sent poindre la menace mais on se laisse guider avec délice de rebondissement en rebondissement vers l’insoupçonnable dénouement. Le film n’oublie pas d’être malicieux, sans clin d’œil tapageur mais avec une invitation élégante à goûter de l’ambiguïté des situations, sans intrusion, avec une infinie délicatesse. Du cinéma de très haute volée.

L’Atalante > à partir du 13 novembre