LE REDOUTABLE

France – 2017 – 1h47 – Réalisé par Michel Hazanavicius avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo, Micha Lescot, Grégory Gadebois…

Paris 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne LA CHINOISE avec la femme qu’il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde….

L’association du nom de Hazanivicius et de celui de Godard, c’est un peu la rencontre fortuite entre un parapluie et une machine à coudre, comme dirait l’autre… Il y a bien un mélange de fascination et de désinvolture dans la manière dont l’auteur des populaires d’OSS 117 et THE ARTIST aborde le « personnage Godard » en pleine crise de cinéma. Plus qu’un simple pastiche, Hazanivicius propose plutôt le détournement fantaisiste de la figure d’un magnifique obsessionnel, amoureux et créateur pris dans les tourments de la révolution. Directement inspiré des récits d’Anne Wiazemsky, qui partagea sa vie à cette époque, LE REDOUTABLE est aussi le récit d’une romance contrariée, qu’interprètent avec beaucoup de charme le duo Louis Garrel, imitateur doué du cinéaste, et Stacy Martin, en ravissante idiote. Un brin misogyne et simplificateur, le film réussit sur le versant de la comédie et de l’humour (les fameux jeux de mots de Godard, le gag récurrent des lunettes), tout en jouant à fond sur l’esthétique du collage et des références : plans très graphiques, couleurs pop et citations explicites du MEPRIS ou autres films du maître. Le fétichisme pour le cinéma de Godard est donc bien là, tapi sous la dérision et l’exercice est tout-à-fait plaisant.


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