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LE VOLEUR DE BAGDAD

Grande-Bretagne – 1940 – 1h46 Réalisé par Ludwig Berger, Michael Powell, Tim Whelan, Alexander Korda. Avec Conrad Veidt, Sabu, June Duprez, John Justin, Rex Ingram, Miles Malleson, Morton Selten, Mary Morris, Bruce Winston

Adapté des contes des Mille et une Nuits, Le Voleur de Bagdad en reprend quelques uns des épisodes les plus fameux. L’histoire commence donc à Bagdad, dans des décors fastueux, que ce soit ceux des palais, des jardins ou des ruelles de la cité. Le jeune Abu, le voleur, porte le récit. Depuis les bas-fonds de Bagdad, sa course l’amènera à se hisser au faîte de la société, auprès du grand vizir.  Ascension sociale autant que figurative, puisque sa trajectoire ne cessera de l’amener toujours plus haut, jusqu’au toit du monde et jusqu’au pays des dieux ! Espiègle et débrouillard, Abu relèvera courageusement les différents défis, qui feront de lui un véritable héros, à la bonne humeur jamais en reste ! En route pour l’aventure !

Avec Abu, l’aventure est un bonheur ! La joie de vivre de ce jeune héros est absolument irrésistible et communicative. Son coeur est celui d’un prince, valeureux et loyal. Des aventures, il n’en manque pas, les unes plus surprenantes que les autres !
Tout est magie dans Le Voleur de Bagdad. À commencer par Jaffar, le grand vizir, qui exerce son pouvoir par la magie. Il assujettit ses ennemis par son regard, rend le prince Ahmad aveugle et transforme son compagnon, Abu, en chien. Il possède la boule magique, qui lui permet de voir tout ce qui se passe dans le monde et qui fait de lui le grand manipulateur de l’histoire. Mais, bien sûr, son pouvoir a des limites…
Magie cinématographique, ensuite, Le Voleur de Bagdad s’offre comme le royaume des faux-semblants, des illusions. Tapis et chevaux volants, voyage dans les airs à bord d’un génie, apparitions merveilleuses. Jeux d’optiques, paradis des automates, tout est fête pour l’oeil ! Sans oublier le plus spectaculaire, les trucages réunissant les grands et les petits : Abu et le génie, Abu et l’araignée, Abu et l’immensité du toit du monde (séquences tournées aux États-Unis, dans le grand Canyon).
Le Voleur de Bagdad offre, in fine, cette réjouissance suprême, outre la profusion d’effets spéciaux, de montrer la magie par l’effet du seul montage (ou du champ/contre-champ). Ce qui rend un hommage élégant à l’art cinématographique, à sa complexité autant qu’à son essence.

Le film est présenté à l’Atalante dans le cadre du dispositif Ecole et cinéma.


Résultat de recherche d'images pour "alexander korda"Rappelons peut-être l’importance du producteur Alexander Korda, dans la réalisation du Voleur de Bagdad. Né en 1893, en Hongrie, Alexander Korda y réalisa ses premiers films, pendant la première guerre mondiale. Il quitta son pays pour Berlin dans les années 20, qu’il dut fuir, devant la montée du nazisme, pour s’installer à Londres au début des années 30. En 1932, il fonda la London Films et fit construire les studios de Denham. Son ambition est alors de rivaliser avec Hollywood, et il y parvint excellemment avec Le Voleur de Bagdad. Preuve en est que ce film obtint en 1941 trois Oscars, pour les effets spéciaux, la photographie et la direction artistique, et fut nommé pour la meilleure musique.

A noter que Korda sut s’entourer des meilleurs collaborateurs, amis et proches, son frère aux décors, Miklós Rózsa pour la musique et Lajos Biró pour le scénario, exilés hongrois comme lui. Si pas moins de trois réalisateurs sont crédités au générique, il n’en demeure pas moins que l’influence de Michael Powell semble avoir pris le dessus. Le Voleur de Bagdad a la patine des films de Michael Powell, qui n’en est pourtant qu’à ses débuts. On la reconnaît au traitement des couleurs, sublimé par le Technicolor, ainsi qu’au thème du regard, obsession que Powell ne cessera d’explorer jusqu’au Voyeur, en 1960.

Source : Benshi

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