L’Edito du mois

Cette petite flamme…

 

On aurait préféré un contexte plus favorable pour entamer cette nouvelle saison.  Dans le registre des mauvaises nouvelles : un nouveau retard dans les travaux de construction de la nouvelle Atalante et la suppression, sans préavis, des contrats aidés par le nouveau gouvernement.

 

Cette nouvelle Atalante, conçue comme une maison du cinéma avec mezzanine et terrasse sur les bords du fleuve, n’ouvrira donc pas à la fin de l’année comme prévue initialement, mais à la fin du premier semestre 2018. On reste désormais très prudents dans la prévision mais le principal élément de blocage est levé avec la validation par un bureau de contrôle très tâtillon du principe de façade en panneaux de bétons fibrés au regard des nouvelles normes sismiques et acoustiques. La façade est évidemment un marqueur fort dans le geste architectural de l’Atelier RANDJA qu’il n’était pas question de dénaturer. Le bâtiment est désormais hors d’air et hors d’eau. Nous organiserons différents temps d’information pour vous tenir au courant de l’évolution des travaux.     

 

L’autre mauvaise nouvelle est donc la suppression brutale des contrats aidés. Cette décision- pour  des considérations budgétaires au moment où on supprime quasiment l’ISF !!!-, est un non-sens social. Elle se fait au détriment de l’insertion professionnelle et de la cohésion sociale. De nombreux salariés en contrats aidés ont contribué à l’histoire de l’Atalante. Ils ont souvent donné le meilleur d’eux-mêmes. Certains sont partis, d’autres sont restés (sur les 7 CDI de l’équipe actuelle, 4 ont commencé en contrats aidés). Ce dispositif nous a permis de surmonter le handicap d’une exploitation éclatée sur deux sites et de monter des projets ambitieux mais fragiles, notamment la distribution du cinéma basque. Il nous faudra mesurer les conséquences économiques mais il n’est pas question de réduire la voilure.

 

Dans ce contexte compliqué, il demeure l’essentiel : l’enthousiasme des spectateurs. Le bilan de la saison 2016/2017 est éloquent avec 1700 adhérents et une fréquentation de 103 000 entrées alors que la moitié de la saison s’est déroulée sur la salle unique, c’est-à-dire 180 fauteuils. Très peu de salles de cinéma en France, toutes catégories confondues, pourront se prévaloir d’un tel taux d’occupation des fauteuils. Et que dire de ce début de saison ? Il flotte un sentiment de jamais vu dans l’histoire de l’Atalante: des salles pleines sur quasiment toutes les soirées, mille adhésions réalisées en un mois (l’objectif à court terme est désormais d’atteindre le cap des 2000 adhérents, on vous en reparlera…) et surtout des superbes moments partagés avec des cinéastes, des musiciens ou des militants (spéciale dédicace à Didier Lestrade et à Tony Gatlif). C’est dans ces moments sacrés que se transmet cette petite flamme dont on dit qu’elle fut dérobée à Zeus et qui permet de faire durer les plus belles histoires longtemps, longtemps…

 

Jean-Pierre Saint-Picq

Président de l’association Cinéma&Cultures