LES AMANTS CRUCIFIES

Japon |1954 | 1h40 en VO | avec Kazuo Hasegawa, Kyoko Kagawa, Eitaro Shindo, Eitaro Ozawa…

XVIIe siècle. Mohei est le brillant employé de l’imprimeur des calendriers du palais impérial. O-San, la jeune épouse de son patron, sollicite son aide pour éponger les dettes de sa famille car son mari est trop avare. Mohei accepte et emprunte l’argent sur la commande d’un client. Dénoncés et menacés d’adultère, Mohei et O-San vont devoir fuir avant de s’avouer l’un l’autre leur amour.

Dans cette élégie funèbre d’une beauté toujours intacte, le réalisateur japonais mêle la grandeur des tragédies grecques à la noirceur des romans naturalistes, et aborde les thèmes qu’il développera tout au long de sa fructueuse carrière : la soumission et l’injustice envers les femmes, le poids de la tradition, la cupidité, la lâcheté des hommes et le pouvoir de l’argent.

 

Thé vert glacé offert pour chaque spectateur de la rétro !

 

 

Face à l’Histoire : Kenji Mizoguchi – Blow Up – ARTE

 

Bio Mizoguchi

Kenji Mizoguchi est né le 16 mai 1898 à Ushima, sous-quartier de Hongo, un des plus vieux arrondissements de Tokyo. Il grandit dans un milieu très pauvre en bordure de la rivière Sumida dans le quartier miséreux d’Asakusa, où se mélangent chiffonniers, théâtres populaires, terrains vagues, petits trafics et prostituées. Il a une sœur de 7 ans son aînée et un frère de 7 ans son puîné. À l’école, c’est un élève très moyen. Sitôt l’école primaire terminée, rêvant d’une carrière de peintre, il entre comme apprenti chez un dessinateur de kimonos d’été. En 1915, suite au décès de sa mère, Mizoguchi et son petit frère sont recueillis par la grande sœur. À l’âge de 19 ans, il quitte Tokyo pour rejoindre le journal de Kobe comme dessinateur d’annonces publicitaires, puis rédacteur de faits divers. En août 1918, alors qu’éclatent un peu partout au Japon les « émeutes du riz », un révolte de miséreux affamés sur lesquels la police n’hésite pas à tirer, Mizoguchi s’engage dans un mouvement d’entraide sociale, ce qui lui vaudra d’être arrêté, battu et emprisonné. À la fin de la Première guerre mondiale, il quitte Kobe sans préavis et repart à Tokyo. Son père, devenu chômeur, a été contraint de vendre sa sœur à une autre famille. Mizoguchi ne trouve pas d’emploi, il mène une vie de vagabond. Il fait alors la rencontre d’un petit acteur qui le met en contact avec un jeune metteur en scène travaillant pour la Nikkatsu. Mizoguchi est ainsi recommandé au studio et, en mai 1921, il est embauché et commence sa carrière dans le monde du cinéma en tant qu’assistant metteur en scène.