LES TEMPS MODERNES

E-U | 1936 | 1h27 realisé par Charles Chaplin

A partir de 5 ans

Charlot est ouvrier dans une immense usine. Il resserre quotidiennement des boulons. Mais les machines, le travail à la chaîne le rendent malade, il finit par abandonner son poste. C’est alors qu’il fait la rencontre d’une belle orpheline des rues…

Le chef d’œuvre de Chaplin est aussi un formidable documentaire sur son époque. Dernier film où apparait le personnage de Charlot, il est celui où on l’entendra chanter ! Une merveille présentée en version restaurée à ne pas manquer !

 

 

« Le propre de Chaplin a toujours été de faire rire tout en nous permettant de nous situer dans le récit en tant que témoin compatissant et compréhensif. Nous comprenons la gamine qui vole des bananes, tel un fier pirate lorsqu’elle apparaît la première fois. En revanche nous ne comprenons pas comment une société riche peut tolérer et accepter la misère sociale ? Le film, derrière ses nombreux gags, nous invite à la réflexion. Est-ce que le travail suffit pour faire le bonheur et la prospérité de l’homme ? Quels sont ces temps modernes si le travailleur ne peut même plus assurer les besoins de sa famille ? Quelle est cette époque où hommes et femmes sont obligés de voler dans les grands magasins, alors que la richesse est partout mais pas pour tout le monde ?

Ce combat pour la dignité, où un homme ne veut plus se conduire comme un mouton pour survivre, au risque de se faire écraser et enfermer à plusieurs reprises, nous fait autant rire que réfléchir. L’utopie de l’amour est l’unique force vitale qui permet au clochard qu’est Charlot de toujours se relever. Cette force lui donne l’élan et l’allant de se battre pour sa gamine, forçant la masse des ouvriers, lui, être chétif, pour dénicher un ultime travail, malgré la crise, la police répressive, la faim et le froid. Composé tel un kaléidoscope de la vie ordinaire d’un pauvre des villes, Les Temps modernes dépasse son temps. Il est toujours d’actualité, avec cette volonté de restituer au dépossédé du pouvoir d’achat toute sa grandeur humaniste. Chaplin le dit bien, le bonheur ne réside pas dans l’avoir ni l’acquis, qui sont éphémères, même si posséder une maison et une voiture, avoir un travail et de l’argent est nécessaire et devrait être une réalité pour tout le monde, sans distinction de classe sociale. Mais en réalité, le malheur vient surtout de l’absence de solidarité, et du refus du partage des richesses. La seule chose unique et tangible, c’est l’amour, c’est être ensemble. Et finir avec ces deux silhouettes pleines d’espoir qui cheminent dans l’aube naissante, est – et demeure – l’une des plus belles fins de l’histoire du cinéma, sans cesse copiée, jamais égalée. » (Nadia Meflah – Benshi)