Passeurs lycéens

 

 


LES PASSEURS CINEPHILES, QU’EST-CE QUE C’EST?

Le dispositif des Passeurs lycéens cinéphiles est mis en place par l’Atalante afin de renforcer le lien qui unit notre salle avec les jeunes spectateurs. Sur la base du volontariat, 2 ou 3 sont choisis par établissement. Ils sont invités à partager leurs envies, leurs coups de coeur et leurs attentes avec l’équipe de l’Atalante, mais aussi et surtout auprès de leurs camarades au sein de leurs lycées respectifs.

Nous les convions donc régulièrement (sur les périodes de vacances scolaires) à visionner des films en avant-première, puis à communiquer à leur gré sur les films et les événements mis en place par l’Atalante. Ils se voient remettre un Pass qui leur assure une entrée gratuite et illimitée à toutes les séances de l’Atalante !

Le dispositif des Passeurs vient renforcer une offre cinéphile déjà bien fournie à destination des lycéens:

  • 6 établissements du BAB participent au dispositif Lycéens et apprentis au cinéma, cela représente environ 1000 élèves qui viennent trois fois dans l’année découvrir un film à l’Atalante. Des interventions en classe à la suite de la projection permettent d’approfondir la vision des œuvres.
  • Les Moins de 20 ans (lycéens, apprentis, étudiants ou pas) bénéficient, sur présentation d’un justificatif, d’un accès aux séances de l’Atalante au tarif de 4
  • Un partenariat entre l’Atalante et la section Cinéma Audiovisuel du Lycée René Cassin est en vigueur depuis de nombreuses années. Il consiste en un travail en étroite collaboration, une participation des élèves aux événements proposés par la salle, notamment lors des Rencontres sur les docks, mais aussi en des interventions en classe tout au long de l’année. Sur toutes les séances de l’Atalante, les élèves de la section bénéficient d’une entrée à 3.

 


 
 

Les Passeurs c’est fini pour cette année, vivement l’année prochaine !!

« Bonjour chers Passeuses et Passeurs,

D’abord, merci pour votre collaboration avec l’Atalante tout au long de cette année. Nous espérons que la participation aux Passeurs vous aura été fructueuse et aura aussi poussé certains de vos proches, camarades, etc. à mieux connaître et apprécier ce lieu.

L’année scolaire touche à sa fin et nous nous projetons déjà dans l’avenir du dispositif. Vous en avez été les Pionniers et c’est avec vous que nous aimerions envisager la « relève » pour la rentrée prochaine. Nous avons pris rendez-vous cette semaine dans vos lycées, souvent au CDI, pour envisager la campagne de candidatures en septembre prochain. N’hésitez pas de votre côté à en parler autour de vous. Nous communiquerons autour du dispositif en cette fin d’année, durant l’été, puis a fortiori à la rentrée.

Nous sommes aussi très curieux de vos retours sur le dispositif, son organisation, ses points positifs et ses lacunes. N’hésitez pas à nous en faire part.

Nous vous adressons tous nos vœux de réussite, notamment pour ceux qui sont la tête dans les examens. Pour décompresser, je vous rappelle que votre Pass est valable tout l’été. N’hésitez pas à en profiter ! La fête du cinéma approche, une soirée Frissons est prévue le 27 juin, mais aussi un cycle Hitchcock, ainsi que Twin Peaks, pour réviser ses classiques.

L’équipe de L’Atalante vous remercie encore pour votre implication dans son cinéma.

Nous vous souhaitons une très bonne continuation ! Et au plaisir de vous retrouver dans nos salles.

A bientôt ! »

Simon et Laura (en stage cette semaine au cinéma)

 


Visionnement vacances de printemps

 

20/04/17 A VOIX HAUTE

France – 2016 – 1h39  – Réalisé par Stéphane de Freitas

Chaque année à l’Université de Saint-Denis se déroule le concours « Eloquentia », qui vise à élire « le meilleur orateur du 93 ». Des étudiants de cette université issus de tout cursus, décident d’y participer et s’y préparent grâce à des professionnels (avocats, slameurs, metteurs en scène…) qui leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public. Au fil des semaines, ils vont apprendre les ressorts subtils de la rhétorique, et vont s’affirmer, se révéler aux autres, et surtout à eux-mêmes…

28/04/17 TUNNEL

Corée du Sud – 2016 – 2h06 en VO – Réalisé par Kim Seong-hun avec Ha Jung-Woo, Doona Bae, Dal-Su Oh…

Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ?

 


GRAVE

soirée Passeurs lycéens
> jeudi 6/4 20h30 Autre Cinéma

+ buffet végétarien + surprises

France, Belgique – 2016 – 1h38mn – Réalisé par Julia Ducournau avec Garance Marillier, Ella Rumpf, Rabah Naït Oufella, Joana Preiss, Laurent Lucas, Bouli Lanners, Marion Vernoux… 

Interdit aux moins de 16 ans

Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur ainée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature…

Le « buzz » n’a cessé de monter autour de ce film, devenu un petit phénomène depuis sa première projection à Cannes en mai dernier. Il faut dire que Julia Ducournau n’a pas eu froid aux yeux en plongeant pour sa première réalisation dans le bain du cinéma de genre, sur lequel s’étaient aventurés très peu de jeunes auteurs français jusqu’ici. GRAVE, ce premier film l’est sûrement dans sa manière d’assumer son côté hybride, ni complètement film d’horreur- mais bien gore par moments – ni exploration classique des tourments de l’adolescence. Si GRAVE le film est transgressif, c’est dans sa manière d’explorer la construction de l’identité et les transformations du corps, un peu comme l’avait en son temps Brian de Palma avec CARRIE, auquel le film rend un hommage malin…

Grand Prix et Prix de la critique au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer 2017.


 

L’AUTRE CÔTE DE L’ESPOIR

Par Laura Petit, Passeur lycéen cinéphile

 

Le réalisateur Aki Kaurismäki* situe son film en Finlande, où l’on découvre petit à petit, par des plans de semi-ensemble et rapprochés, des paysages finlandais, où toute l’intrigue de l’histoire se déroule. Il y évoque la principale difficulté rencontrée par les migrants : résider légalement en Finlande. En effet, les procédures judiciaires sont longues et fatigantes. Dans le film, on voit que Khaleb se rend de commissariat en commissariat, de bureau en bureau, avant d’être enfin interrogé par une femme, chargée des affaires d’immigration. Pendant l’entretien, les deux protagonistes sont impassibles. Mais ce sentiment est interprété de deux façons différentes par le spectateur. Celle du jeune syrien traduit son habitude de voir les horreurs dans son pays : la guerre d’Alep, les bombes, la perte de sa famille, les morts, les ruines… qu’il évoque donc sans être choqué. Tandis que l’impassibilité de la jeune femme montre un désintérêt total du récit et passe pour de la bêtise et de l’ignorance.

 

De plus, le pays lui-même, ne semble pas « saisir » la gravité de la situation car de nombreux étrangers sont renvoyés chez eux. Par exemple, lorsque le juge dit à Khaled qu’il va être expulsé pour retourner en Syrie. Malgré ses efforts pour s’en sortir légalement (rendez-vous policiers, argent, papiers), le jeune syrien est rejeté de cette société, sur laquelle il avait tout misé, et qui préfère ignorer le problème ou l’envoyer ailleurs, dans d’autres pays : « comment passer- vous les frontières ? », « C’est facile, on passe, personne ne fait attention à nous, personne ne veut nous voir, on dérange ». Au final, seul très peu d’immigrés réussissent donc à s’établir officiellement en Finlande.

 

La seconde difficulté, est celle de la recherche d’emplois stables. Comme le souligne un personnage du film : « Il faut faire semblant de sourire » afin de pouvoir trouver un boulot. Beaucoup sont placés dans des camps de réfugiés et n’arrivent pas réellement à en sortir après : « Les diplômes obtenus ailleurs ne sont pas valables ici ». Cette vision des choses, nous rappelle notre propre cas, en France, avec la gestion des immigrés.

 

Ce film est encadré par une reprise du style américain des années 40-50 ; il rappelle « Les Temps Modernes » de Chaplin, avec le jeune syrien, déjà pauvre, qui se retrouve sans rien, et qui vagabonde. De plus, le plan rapproché épaule sur le conducteur, la nuit, est typiquement le genre de plan utilisé dans les films américains. Wikhström fait lui aussi penser à un américain. C’est un homme d’affaire, qui décide de vendre tout son stock de chemises, pour acheter un restaurant dit « rentable ». Ce personnage est à première vue détestable, car incarnant l’élite de la société finlandaise, riche, jouant au poker pour gagner encore plus que ce qu’il n’a. Cependant il aidera par la suite Khaleb, le faisant devenir un homme ne vivant plus dans la « non-réalité » que procure la richesse…

 

Finalement, ce film répond à une problématique cruciale : Faut-il accepter les immigrés dans nos pays alors qu’ils ne trouveront peut-être pas de travail ou alors les renvoyer chez eux, faute de place et d’emplois ? La réponse du film penche plutôt pour accueillir les étrangers car malgré les difficultés rencontrées pour avoir un emploi stable, leurs situations est toujours mieux ici que dans un pays en guerre. Même Khaleb dans le film, souligne que la Finlande n’est pas si mal : «c’est pas la guerre ici ».

 

Les nombreuses chansons comprises dans le film sont, je trouve, très originales. Elles sont certes, chantées en finlandais par des groupes locaux, mais certaines sont en anglais et mélangent le rock’n’roll, donnant un aspect western à la chanson. On citera par exemple deux chansons du film : 

« Midnight Man » – Ismo Haavisto
« Tämä Maa » – Timo Kiiskinen / Harri Marstio Ja Antero Jakoila
« Kurjuuden Kuningas » – Dumari Ja Spuget

Pour consulter tous les noms des musiques du film

*Aki Kaurismäki est un cinéaste finlandais, qui a notamment réalisé : J’ai engagé un tueur (1990), L’Homme sans passé (2002) ou Le Havre (2011).

 


 

Visionnement lundi 27 mars 2017

 

Nous attaquerons donc à 9h avec Kalebegiak – San Sebastian, une ville, 12 regards, le prochain film que nous distribuons à l’Atalante, portrait mosaïque de la ville de San Sebastian.

Puis, vers 11h, Grave de Julia Ducournau. Nous ne sortirons pas le film au 15 mars mais fin mars début avril, et ce serait bien de pouvoir monter une soirée Passeurs sur ce film.

 

 


 

UNE VIE, par Laura Petit (lycée Cassin)

 

UNE%20VIE%202%20AFFICHE_webL’histoire se déroule de 1819 à 1848. Jeanne est une jeune fille qui sort d’un couvent après y avoir passé 5 ans. Elle rentre donc vivre chez ses parents : Monsieur et Madame Le Perthuis, dans un grand château. Jeanne y passe de paisibles jours. Elle rencontre Julien de Lamare, un jeune homme noble avec qui elle se marie et dès lors, le rêve de l’amour idéalisé par Jeanne va se briser…

Un amour rêvé

Dès le début du film, on sent que Jeanne est un personnage enfantin, et pur; presque angélique. Ses parents favorisent cette innocence en la plaçant dans un couvent, puis en la gardant près d’eux, à la campagne. Leur maison représente un havre de paix, éloigné de tous les soucis de la vie.
Jeanne vit donc en décalage de la réalité ; elle ne laisse jamais les problèmes troubler son bonheur, ni sa vie future qu’elle s’est parfaitement imaginée.
Son mariage avec Julien marque une coupure entre ses illusions et la réalité. Par exemple, lors de sa nuit de noces (qu’elle voulait romantique), elle se retrouve brusquée par les désirs sexuels de son mari. Julien est loin du modèle de l’homme idéal, qu’elle s’était faite, car il la trompe et la laisse souvent seule.
Bien que la vérité blesse Jeanne, elle la supportera toujours mieux que le mensonge, qu’elle tient en horreur. Cette facette de Jeanne constitue un des plus grands paradoxes du film.

De la nostalgie et du courage

On assiste ensuite à un renversement de situation ; Jeanne déçue des tournures que prennent les évènements, va décider de se réfugier dans le passé et ressasser sa jeunesse. Les musiques du film se coupent pendant ces flashbacks.
Par la suite, une monotonie s’installe: le château, au départ si chaleureux, se vide petit à petit de ses habitants et du bonheur qu’il contient.
Jeanne devient passive et résignée. Elle endure les épreuves, encaisse les coups et se referme sur elle-même. Elle a toujours un cœur généreux : elle épargne donc ses souffrances aux autres.
Malgré les nombreuses difficultés comme la mort de sa mère, la tromperie de son mari, elle ne se laisse jamais aller et garde la tête froide. Les détails frappants qui le prouvent sont les poésies qu’elle se récite, durant la quasi-totalité du film pour se redonner du courage.

L’évolution

Ces poèmes montrent aussi l’évolution du personnage de Jeanne: au début exaltée,  puis de plus en plus maussade et triste. Elle n’a fait que subir les erreurs des autres durant toute sa vie. En effet, les personnages interviennent auprès de la jeune femme et leurs actions (positives ou négatives), déterminent la suite du déroulement sa vie.
L’amour dramatique, n’est pas un thème très original. Seul la façon dont il est montré dans ce film le rend unique : c’est une évolution constante, avec des joies et des peines et une lente descentes aux enfers. Ce point est donc pour moi, le plus captivant.

La place de l’Eglise

Enfin, ce film dénonce par des dialogues assez subtils, les échecs possibles et fréquents de l’église, qui ne prend pas toujours les bonnes décisions. Maupassant prend donc des risques car la religion est très importante à son époque…

En conclusion, c’est une bonne adaptation du classique, mais qui est un peu répétitif car la vie de Jeanne est aussi assez monotone. Je pense que ce serait mieux de lire le livre, afin de connaitre les éléments que l’adaptation n’a pas pu retranscrire.

Vous pouvez bien sûr aller le voir, il passe actuellement à l’Autre cinéma!

UNE VIE
France – 2016 – 1h58 – Réalisé par Stéphane Brizé avec Judith Chemla, Jean Pierre Darroussin, Yolande Moreau, Swann Arlaud, Nina Meurisse, Olivier Perrier, Clotilde Hesme… – adaptation du roman « une Vie » de Guy de Maupassant.
Lion d’or et Prix spécial du Jury à la Mostra de Venise. A l’Autre Cinéma jusqu’au 18 décembre.


 

Le-voyage-au-GroenlandLE VOYAGE AU GROENLAND, par Laura Petit (lycée Cassin)

L’origine du projet

Ce film a réellement été tourné au Groenland. Les deux Thomas sont incarnés par Thomas Blanchard et Thomas Scimeca. Nicolas, l’explorateur, a beaucoup aidé le réalisateur du film a cerner les personnages Inuits.

Le réalisateur, a été inspiré par la venue en France de deux Inuits, meilleurs amis de l’explorateur Nicolas Dubreuil, le frère du producteur du film. En 2013, Sébastien Betbeder écrit un scénario mettant en scène Thomas Blanchard et Thomas Scimeca, et commence le tournage avec les deux Inuits venant à Paris.

À la fin du moyen-métrage, ces derniers invitent en retour les Français, à les retrouver au Groenland. En avril 2015, l’équipe du film se rend à Kullorsuaq, aux confins du Groenland, et réalise le long-métrage.

Synopsis

L’histoire se situe à Kullorsuaq, où deux comédiens parisiens : Thomas et Thomas ont décidé de séjourner. Kullorsuaq est l’un des villages les plus reculés du Groenland où vit Nathan, le père de l’un d’eux. C’est au sein de la petite communauté inuite qu’ils découvriront les traditions locales et les joies de leur amitié.

Cette histoire est une fiction étroitement liée à la réalité. Elle a été réalisé avec des bases issues du documentaire. « Les conditions de tournage n’étaient pas si compliquées, car le froid n’était pas humide mais sec. Les sensations de froid se faisaient uniquement lorsque on tournait sur la banquise » explique le réalisateur.

Ils avaient par contre du mal à se faire au « jour sans fin » car là-bas, le soleil ne se couche que 6 mois par an.

Ce film retrace très bien le mode de vie inuit, en y intégrant de nombreuses scènes basées sur leurs traditions, leur culture, leurs fêtes, etc… Il représente aussi leur étroite communion avec la nature, qui leur fournit tout ; la nourriture, l’eau, les habits (faits en peau de bête)… Un des thomas nous confie que « Cela a pris plus de temps de s’intégrer dans leur communauté inuite que de se réhabituer à Paris à notre retour ».

Le film nous montre des gens accueillants et chaleureux qui survivent dans une grande misère mais sont prêts à donner tout ce qu’ils ont. Leurs seuls « ravitaillements » possibles sont les proies tuées par les chasseurs de phoques ou d’ours polaires.

Dotée d’une grande sensibilité, ce long- métrage nous renvoie ainsi à notre propre façon de vivre en accéléré. Notre vie est occidentale et douillette, et dans laquelle personne n’a jamais le temps ou n’est jamais pleinement satisfait.

Une autre caractéristique mise en lumière par le film est cette coupure totale avec le reste du monde. Leur seul moyen de communication avec l’extérieur ce fait via les réseaux sociaux. Malgré la joie de vivre des habitants, on sent dans le fond, une certaine tristesse, notamment chez les plus jeunes.

Cette peine vient du fait que les adolescents Inuits voient des choses sur Internet, et constatent que ce ne sera pas possible pour eux de vivre ou de s’intégrer dans le monde moderne.

Beaucoup de moments drôles et souvent basés sur ce choc des cultures, un très beau film à voir autant pour la beauté des paysages que pour la qualité des dialogues.

Le voyage au Groenland
France – 2015 – 1h38 – Réalisé par Sébastien Betbeder avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca, François Chattot…
à l’Autre Cinéma jusqu’au 20 décembre

 


 

REPARER LES VIVANTS AFFICHE_webInterview du comédien Gabin Verdet par Léonie Poulin (lycée Largenté)

Katell Quillevéré est la réalisatrice d’un film poignant, Réparer les vivants, adapté du roman à succès de Maylis de Kerangal. A la fois tragique, riche en émotions mais remplie d’espoir, l’histoire ne nous laisse pas indifférents et nous bouleverse.

Simon, un adolescent, passionné de surf, décède brutalement. Très vite, ses parents doivent faire face à un choix décisif, celui d’offrir ou non le corps de leur fils à une personne inconnue, pour lui permettre de survivre.

Gabin Verdet, qui interprète le rôle du jeune donneur, a accepté de répondre à mes questions et de nous faire partager son point de vue sur le film et aussi d’évoquer ses projets.

 

Gabin, nous te découvrons dans un superbe film. Est-ce ta première expérience cinématographique ?
Oui, c’est mon premier film et aussi la première fois que je joue.

Pour ce rôle, as-tu été repéré en surfant par hasard ou bien fait un casting ?
Je suis tombé sur le casting grâce à facebook et c’est grâce au surf que j’ai pu y aller. Il y a eu un premier casting à Biarritz et un autre à Paris.

Tu n’étais pas comédien à l’origine ?
Non pas du tout, je n’avais jamais vraiment fait de théâtre avant.

Étais-tu impressionné de jouer aux côté d’acteurs aussi prestigieux qu’Emmanuelle Seigner, Dominique Blanc et Tahar Rahim ?
Je ne les connaissais pas, donc je n’étais pas impressionné de jouer aux côtés de grands acteurs mais de jouer aux côtés d’acteurs tout court.

T’ont-ils soutenu ?
Oui, il y avait vraiment une très bonne ambiance sur le plateau. Si c’était à refaire ce serait avec grand plaisir.

Qu’as-tu retenu de cette expérience ?
J’ai retenu de nombreux moments exceptionnels passés avec l’équipe de tournage et cette équipe me manque. J’ai aussi retenu qu’il faut saisir la chance dès qu’elle se présente.

Qu’est ce qui t’a le plus marqué ?
Je pense que c’est l’envers du cinéma, ce qu’on ne voit pas : les petites mains qui travaillent et tous ces décors que l’on ne perçoit pas à l’écran. Je ne vois plus aucun film de la même façon maintenant !

On voit que tu surfes. Depuis quand pratiques-tu cette activité ?
Depuis l’âge de huit ans.

Est-ce que pour certaines scènes tu as été doublé ?
Non pas du tout ! Je pensais plus surfer que jouer dans ce film au début. On a essayé mais on n’a pas réussi à me doubler : j’ai dit non.

As-tu lu le roman original de Maylis de Kerangal et qu’as-tu pensé de son adaptation ?
J’ai lu le livre de Maylis et j’ai trouvé que Katell a réussi à raconter cette histoire à sa façon, avec son regard, et qu’elle ne s’est pas contentée d’adapter le roman au cinéma, mais de le faire vivre sous un tout autre angle. J’ai vraiment aimé son adaptation, bien que ce soit difficile pour moi de croire au film en me voyant à l’écran, je n’arrive pas à rentrer dedans.

Est-ce que tu as été sensible au sujet du livre et du film ? Avais-tu déjà réfléchi à la possibilité de donner une partie de ton corps ? Serais-tu maintenant prêt à donner tes organes ?
Oui, j’y avais déjà réfléchi. Si je suis mort, autant que j’aide des personnes une dernière fois.

Donnerais-tu toutes les parties de ton corps, ou préférerais-tu, comme le souhaitent les parents du héros pour ses yeux, en conserver certaines, « symboliques » ?
Non je n’en ai aucune « symbolique », prenez tout !

Comprends-tu, malgré tout, les premières réticences du père de Simon ?
Oui bien sûr, tout à fait. Un père qui vient de perdre son enfant et qui n’a même pas fait son deuil n’a pas envie qu’on l’opère alors qu’il ne connaît pas le souhait de son fils.

Ce qui est beau dans l’histoire c’est l’inversion des rôles : un jeune qui transmet sa vie à une femme qui pourrait être sa mère. Est-ce que cela te touche ?
Oui, c’est très beau. Le film commence sur un plan de Simon amoureux, et se termine sur celui de Claire, qui ouvre les yeux avec le cœur de Simon.

Dans la France d’aujourd’hui, marquée par les attentats, le don d’organes n’est-il pas aussi un acte de solidarité, de fraternité ?
Je pense oui, pourquoi pas, pour ceux qui en ont besoin.

Dans la très belle scène de surf qui précède l’accident, le temps est comme suspendu et semble déjà annoncer la mort du héros. Toi qui pratiques le surf, après avoir joué dans ce film, te sens-tu plus vulnérable, penses-tu à la mort ?
En surf, la mort? Non pas du tout ! Ça nous arrive rarement d’être en danger mis à part au début. On ne pense pas à la mort quand on est en situation périlleuse mais simplement, comme tu le dis, vulnérable et faible par rapport à cet océan.

Poursuis-tu tes études ou préférerais-tu continuer à tourner pour le cinéma ou éventuellement jouer au théâtre ?
J’ai essayé le théâtre mais ça ne m’a pas plu alors j’ai arrêté. Pour l’instant je poursuis ma terminale scientifique mais si je dois tourner dans un nouveau film, alors je ferai les études en parallèle du tournage. Quant à ce que je préfère, je ne sais pas encore bien.

As-tu d’autres projets, dans le surf par exemple ?
En surf, continuer les compétitions en long et viser la première place aux championnats de France l’année prochaine, plutôt que la quatrième cette année. Et m’éclater comme je l’ai toujours fait !

Ce film t’a-t-il éclairé dans des choix de vie ?
Je ne pense pas. non. Quand je regarde le film, je ne vois pas le film et l’histoire mais les images et leurs histoires et je n’arrive pas à rentrer dedans. Et c’est normal puisque c’est mon premier film.

 

REPARER LES VIVANTS AFFICHE_webRéparer les vivants

France – 2016 – 1h40 – Réalisé par Katell Quillévéré avec Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner, Anne Dorval, Bouli Lanners, Kool Shen, Monia Chokri, Alice Taglioni, Alice de Lencquesaing, Finnegan Oldfield, Dominique Blanc…

 


 

MOI, DANIEL BLAKE, par Lise Mézière (lycée Largenté)

Daniel Blake, un homme veuf et quinquagénaire (plus près de la soixantaine d’ailleurs) se trouve pour la première fois de sa vie dans l’impossibilité de travailler à cause de problèmes cardiaques. Il est taraudé entre la décision de son médecin et kiné lui interdisant la reprise du travail et celle d’une professionnelle de la santé le décrétant apte à reprendre.

Il se met alors à chercher du travail sous peine de sanction. C’est en allant à ses rendez-vous réguliers au « job center » (le Pôle emploi britannique) que son destin croise celui de Katie, mère célibataire, et de ses deux enfants, qui débarquent à Newcastle après avoir vécu dans un foyer londonien pendant 2 ans. Ils vont se retrouver enrôlés dans la bureaucratie actuelle, ce qui va les pousser à s’entraider…

Moi Daniel Blake2

Tout au long du film, on alterne entre colère, rires et pleurs. Les personnages s’expriment à cœur ouvert, parfois de manière crue mais cependant avec une certaine fragilité issue de leurs conditions. La précarité évolutive de leur situation permet malheureusement une comparaison à celle que connaissent beaucoup de ménages français puisque aujourd’hui la récession et la perte d’emploi y sont presque devenues ordinaires.

Le fait que la musique soit très rare voire inexistante renforce le sentiment de solitude des personnages face à ces absurdités administratives et accentue à la fois leurs paroles et leurs silences. Ce sont des gens modestes mais grands humainement, qui donnent sans compter, animés par une générosité qui n’est pas intéressée : cela contraste avec l’ambiance plutôt désabusée du film.

Moi Daniel Blake1

Malgré des longueurs du fait de la réalité qui y est dépeinte et des enchaînements parfois caricaturaux, ce film est émouvant et édifiant. On y découvre les facettes des services publiques qui passent au « tout numérique » et où les fonctionnaires paraissent automatisés, sans empathie ni humanité aucune, répétant des phrases à la manière d’un perroquet. Mais on y entrevoit aussi le cercle vicieux de l’instabilité comparable à une descente aux enfers qui s’abat sur des milliers de personnes ou encore l’absence d’espoir.

On est pris aux tripes et c’est parce que ce film nous retourne qu’il permet une prise de conscience de la trivialité du chômage. Le réalisateur donne ici la voix à une catégorie de gens que l’on n’entend jamais, que l’on pourrait qualifier « d’invisible » de par la rareté des films, reportages ou documentaires à ce sujet.
Un film d’autant plus d’actualité en cette période de crise économique mondiale.

 


MADEMOISELLE, par Laura Petit (lycée Cassin)

Mademoiselle3

Une histoire d’amour entre deux femmes, dans une société réservée aux hommes…

L’histoire se déroule en Corée, dans les années 30, lors de la colonisation japonaise.

Sookee, une jeune fille coréenne, est engagée comme servante auprès d’une riche japonaise, Hideko. Celle-ci vit recluse dans une immense demeure.

Sookee, qui n’est en réalité qu’une « vulgaire voleuse » va imaginer un plan avec l’aide d’un faux comte, pour récupérer les richesses d’Hideko. Chacun joue son rôle à la perfection, et pourtant, tout ne va pas se passer comme prévu…

Ce film s’inspire d’un roman anglais, mais le réalisateur a décidé de changer l’époque (de 1862, nous passons aux années 30) et le pays (La Corée à la place de l’Angleterre).

Seul le scénario reste le même, mais cela n’enlève rien à l’originalité de l’histoire, bien au contraire. Les décors, habits et objets des personnages essaient de reproduire fidèlement ceux portés dans les années 30.

Mademoiselle4Les personnages sont complexes, parfois déchirés par plusieurs sentiments comme l’amour passionnel, la souffrance, la torture, la folie, la peur, et la mort. Ce drame est très bien rythmé par un thriller, rempli de rebondissements et du suspense et par l’ensemble des règles de vie qu’il y a dans une maison coréenne.

Le plus grand défi du film est de voir l’évolution d’un amour entre deux femmes qui sont diamétralement opposées, l’une étant pauvre et servante et l’autre riche et Comtesse. On comprend que leur relation n’aurait pas été possible sans le contexte de la société, qui les a ainsi rapprochées.

En effet l’inégalité hommes/femmes, dictée par les hommes eux-mêmes, rend les relations entre les deux sexes compliquées. Les hommes ne voient dans les femmes, que des objets sexuels, et qui ne servent qu’à assouvir leurs moindres désirs. Ils veulent garder cette emprise sur elles, car c’est toujours à leur avantage.

L’amour de deux femmes défit donc tous les critères du film, car elles s’aiment vraiment, n’ont pas besoin des hommes pour assouvir leurs désirs sexuels, et sont libres.

La qualité de l’image et les gros plans sont grandioses, avec une impression parfois de 360 avec la caméra. Cette restitution fidèle est due à l’objectif anamorphique combiné à un objectif ancien, donnant ainsi un style unique à cette ambiance déjà particulière.

Un très bon film, sur des sujets encore tabous et d’actualité.

MADEMOISELLE un film coréen de Park Chan-Woo (2h25) VOSTF (coréen, japonais)

Comédie dramatique – romance – thriller. Sortie le 1 novembre 2016
Grand Prix, Prix du jury et Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2016

 

MADEMOISELLE_120.indd


 

Premier visionnement – mercredi 2 novembre 2016

 

MADEMOISELLEMADEMOISELLE_120.inddLe-voyage-au-Groenland
Corée du Sud – 2016 – 2h25 en VO – Réalisé par Park Chan-wook avec Kim Minh-hee, Kim Tae-ri, Ha Jung-woo, Cho Jin-woong, Kim Hae-sook, Sori Moon…

 

LE VOYAGE AU GROENLAND
France – 2015 – 1h38 – Réalisé par Sébastien Betbeder avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca, François Chattot…

 

 

 

 


Bravo à Anna, Oihanna, Julien, Laura, Lisa, Pablo, Léonie, Lise, Thomas, Manon, Lou, Julie, Iman ; les Passeurs 2016-2017 !!

 

LES PASSEURS LYCEENS CINEPHILES, QU’EST-CE QUE C’EST?

Le dispositif des Passeurs lycéens cinéphiles est mis en place cette année par l’Atalante afin de renforcer le lien qui unit notre salle avec les jeunes spectateurs. Sur la base du volontariat, 2 ou 3 sont choisis par établissement. Ils sont invités à partager leurs envies, leurs coups de coeur et leurs attentes avec l’équipe de l’Atalante, mais aussi et surtout auprès de leurs camarades au sein de leurs lycées respectifs.

Nous les convions donc régulièrement (sur les périodes de vacances scolaires) à visionner des films en avant-première, puis à communiquer à leur gré sur les films et les événements mis en place par l’Atalante. Ils se voient remettre un Pass qui leur assure une entrée gratuite et illimitée à toutes les séances de l’Atalante et de l’Autre Cinéma.

Le dispositif des Passeurs vient renforcer une offre cinéphile déjà bien fournie à destination des lycéens:

  • 6 établissements du BAB participent au dispositif Lycéens et apprentis au cinéma, cela représente environ 1000 élèves qui viennent trois fois dans l’année découvrir un film à l’Atalante. Des interventions en classe à la suite de la projection permettent d’approfondir la vision des oeuvres.
  • Les lycéens des établissements bayonnais bénéficient, sur présentation d’un justificatif, d’un accès aux séances de l’Atalante et de l’Autre Cinéma au tarif de 4
  • Un partenariat entre l’Atalante et la section Cinéma Audiovisuel du Lycée René Cassin est en vigueur depuis de nombreuses années. Il consiste en un travail en étroite collaboration, une participation des élèves aux événements proposés par la salle, notamment lors des Rencontres sur les docks, mais aussi en des interventions en classe tout au long de l’année. Sur toutes les séances de l’Atalante et de l’Autre Cinéma, les élèves de la section bénéficient d’une entrée à 3.

 


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