RÉPARER LES VIVANTS

REPARER LES VIVANTS AFFICHE_webFrance – 2016 – 1h40 – Réalisé par Katell Quillévéré avec Tahar Rahim, Emmanuelle Seigner, Anne Dorval, Bouli Lanners, Kool Shen, Monia Chokri, Alice Taglioni, Alice de Lencquesaing, Finnegan Oldfield, Dominique Blanc…

Tout commence au petit jour dans une mer déchaînée avec trois jeunes surfeurs. Quelques heures plus tard, sur le chemin du retour, c’est l’accident. Désormais suspendue aux machines dans un hôpital du Havre, la vie de Simon n’est plus qu’un leurre.
Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…

Peut-être faut-il oublier un peu le livre de Maylis de Kerangal pour se plonger dans ce film, oublier l’intimité de ce roman qui racontait magnifiquement les vingt-quatre heures de la vie d’un cœur de dix-neuf ans.

Katell Quillévéré, dont nous avions adoré SUZANNE, a dû se frotter avec la délicate question de l’adaptation, traduire la pulsation si particulière d’un récit fourmillant de personnages où les silences laissaient toute la place à nos émotions et à notre imaginaire de lecteur. La réalisatrice a réussi à retrouver la force du récit et à en mettre en scène le mouvement, cette perpétuation de la vie, dans une grande chaîne dont on va suivre tous les maillons.

Le casting est superbe, d’Emmanuelle Seigner à Anne Dorval, en passant par Dominique Blanc ou le jeune Finnegan Oldfield. Avec une mention spéciale pour le choix de Kool Shen, ex-chanteur de NTM, pour la première fois à l’écran et bouleversant dans le rôle du père de Simon Limbes…

> du 1er au 8 novembre à l’Atalante, et du 9 au 22 novembre à l’Autre Cinéma


Avis moyen (/5)

Commentaires

2 réponses à RÉPARER LES VIVANTS

  1. zara dit :

    dommage que le jeune homme ne puisse continuer à faire du vélo, c’est si beau!
    un peut trop agité et démonstratif

    3
  2. simon dit :

    Interview du comédien Gabin Verdet par Léonie Poulin (lycée Largenté, dans le cadre des Passeurs lycéens cinéphiles)

    Katell Quillevéré est la réalisatrice d’un film poignant, Réparer les vivants, adapté du roman à succès de Maylis de Kerangal. A la fois tragique, riche en émotions mais remplie d’espoir, l’histoire ne nous laisse pas indifférents et nous bouleverse.

    Simon, un adolescent, passionné de surf, décède brutalement. Très vite, ses parents doivent faire face à un choix décisif, celui d’offrir ou non le corps de leur fils à une personne inconnue, pour lui permettre de survivre.

    Gabin Verdet, qui interprète le rôle du jeune donneur, a accepté de répondre à mes questions et de nous faire partager son point de vue sur le film et aussi d’évoquer ses projets.

    Gabin, nous te découvrons dans un superbe film. Est-ce ta première expérience cinématographique ?
    Oui, c’est mon premier film et aussi la première fois que je joue.

    Pour ce rôle, as-tu été repéré en surfant par hasard ou bien fait un casting ?
    Je suis tombé sur le casting grâce à facebook et c’est grâce au surf que j’ai pu y aller. Il y a eu un premier casting à Biarritz et un autre à Paris.

    Tu n’étais pas comédien à l’origine ?
    Non pas du tout, je n’avais jamais vraiment fait de théâtre avant.

    Étais-tu impressionné de jouer aux côté d’acteurs aussi prestigieux qu’Emmanuelle Seigner, Dominique Blanc et Tahar Rahim ?
    Je ne les connaissais pas, donc je n’étais pas impressionné de jouer aux côtés de grands acteurs mais de jouer aux côtés d’acteurs tout court.

    T’ont-ils soutenu ?
    Oui, il y avait vraiment une très bonne ambiance sur le plateau. Si c’était à refaire ce serait avec grand plaisir.

    Qu’as-tu retenu de cette expérience ?
    J’ai retenu de nombreux moments exceptionnels passés avec l’équipe de tournage et cette équipe me manque. J’ai aussi retenu qu’il faut saisir la chance dès qu’elle se présente.

    Qu’est ce qui t’a le plus marqué ?
    Je pense que c’est l’envers du cinéma, ce qu’on ne voit pas : les petites mains qui travaillent et tous ces décors que l’on ne perçoit pas à l’écran. Je ne vois plus aucun film de la même façon maintenant !

    On voit que tu surfes. Depuis quand pratiques-tu cette activité ?
    Depuis l’âge de huit ans.

    Est-ce que pour certaines scènes tu as été doublé ?
    Non pas du tout ! Je pensais plus surfer que jouer dans ce film au début. On a essayé mais on n’a pas réussi à me doubler : j’ai dit non.

    As-tu lu le roman original de Maylis de Kerangal et qu’as-tu pensé de son adaptation ?
    J’ai lu le livre de Maylis et j’ai trouvé que Katell a réussi à raconter cette histoire à sa façon, avec son regard, et qu’elle ne s’est pas contentée d’adapter le roman au cinéma, mais de le faire vivre sous un tout autre angle. J’ai vraiment aimé son adaptation, bien que ce soit difficile pour moi de croire au film en me voyant à l’écran, je n’arrive pas à rentrer dedans.

    Est-ce que tu as été sensible au sujet du livre et du film ? Avais-tu déjà réfléchi à la possibilité de donner une partie de ton corps ? Serais-tu maintenant prêt à donner tes organes ?
    Oui, j’y avais déjà réfléchi. Si je suis mort, autant que j’aide des personnes une dernière fois.

    Donnerais-tu toutes les parties de ton corps, ou préférerais-tu, comme le souhaitent les parents du héros pour ses yeux, en conserver certaines, « symboliques » ?
    Non je n’en ai aucune « symbolique », prenez tout !

    Comprends-tu, malgré tout, les premières réticences du père de Simon ?
    Oui bien sûr, tout à fait. Un père qui vient de perdre son enfant et qui n’a même pas fait son deuil n’a pas envie qu’on l’opère alors qu’il ne connaît pas le souhait de son fils.

    Ce qui est beau dans l’histoire c’est l’inversion des rôles : un jeune qui transmet sa vie à une femme qui pourrait être sa mère. Est-ce que cela te touche ?
    Oui, c’est très beau. Le film commence sur un plan de Simon amoureux, et se termine sur celui de Claire, qui ouvre les yeux avec le cœur de Simon.

    Dans la France d’aujourd’hui, marquée par les attentats, le don d’organes n’est-il pas aussi un acte de solidarité, de fraternité ?
    Je pense oui, pourquoi pas, pour ceux qui en ont besoin.

    Dans la très belle scène de surf qui précède l’accident, le temps est comme suspendu et semble déjà annoncer la mort du héros. Toi qui pratiques le surf, après avoir joué dans ce film, te sens-tu plus vulnérable, penses-tu à la mort ?
    En surf, la mort? Non pas du tout ! Ça nous arrive rarement d’être en danger mis à part au début. On ne pense pas à la mort quand on est en situation périlleuse mais simplement, comme tu le dis, vulnérable et faible par rapport à cet océan.

    Poursuis-tu tes études ou préférerais-tu continuer à tourner pour le cinéma ou éventuellement jouer au théâtre ?
    J’ai essayé le théâtre mais ça ne m’a pas plu alors j’ai arrêté. Pour l’instant je poursuis ma terminale scientifique mais si je dois tourner dans un nouveau film, alors je ferai les études en parallèle du tournage. Quant à ce que je préfère, je ne sais pas encore bien.

    As-tu d’autres projets, dans le surf par exemple ?
    En surf, continuer les compétitions en long et viser la première place aux championnats de France l’année prochaine, plutôt que la quatrième cette année. Et m’éclater comme je l’ai toujours fait !

    Ce film t’a-t-il éclairé dans des choix de vie ?
    Je ne pense pas. non. Quand je regarde le film, je ne vois pas le film et l’histoire mais les images et leurs histoires et je n’arrive pas à rentrer dedans. Et c’est normal puisque c’est mon premier film.

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