Rétro Guédiguian

GUEDIGUIAN et la planète MARSEILLE

7676-robert-guediguian-le-nevi-del-kilimangiaroRobert Guédiguian est l’auteur d’une œuvre dense : 17 films en 30 ans, dont 7 à redécouvrir v pendant ces Rencontres. La ville de Marseille constitue le décor de la plupart d’entre eux, théâtre d’un cinéma romanesque qui s’interroge sur les luttes de classes en France, la quête d’une émancipation collective, la fin des utopies.

« J’aime Brecht, Capra, Pasolini et Ken Loach pour ne citer qu’eux. Je ne travaille qu’avec des amis qui partagent mon point de vue. Cela me permet de perpétuer ma tribu originelle. Comme tous les pauvres, la solitude me tuerait. Marseille est mon langage (lumières et couleurs, architectures et costumes, mer et collines, corps et gestes…). L’art que j’aime le plus est enchâssé dans la réalité. Voilà pourquoi je ne tourne qu’à Marseille. J’ai fabriqué des petits films avec de petits moyens sur les « petites gens ». Le grand monde, éloigné de la nécessité, me semble par là-même éloigné de toute humanité. Ceci dit, je ne confonds pas niveau élevé et ennui. J’essaie donc de rester en équilibre sur un fil entre discours et narration, entre émotion et intelligence, entre plaisir et attention. » –
Robert Guédiguian

 

 

Dernier Eté

dernier-étéFrance – 1980 – 1h30 – Avec Gérard Meylan, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Moreno…
Gilbert et ses amis vivent dans le quartier populaire de l’Estaque. Les usines de la région ferment et le travail se fait plus rare. Ils aiment passer du temps au bistro, font volontiers le coup de poing, commettent de petits larcins, vont à la plage, essaient de draguer…
Le premier film de Guédiguian et la naissance d’un acteur : Gérard Meylan.
« C’est sous l’influence de l’auteur d’Accattone qu’il réalise Dernier été. Ses débuts s’articulent autour d’une fin : celle d’un quartier tel qu’il vivait depuis des décennies. Désormais la crise est là, le travail s’évanouit, les peurs et l’individualisme progressent. » Christophe Kantcheff

Vendredi 28 mars à l’Atalante à 18h00

Séance en présence de Robert Guédiguian et Christophe Kantcheff, auteur du livre « Robert Guédiguian, cinéaste ».

Marius et Jeannette

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France – 1996 – 1h42 – Réalisé par Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Pascale Roberts, Jacques Boudet…
Marius vit seul dans une cimenterie désaffectée qui domine le quartier de l’Estaque, gardien de cette usine en démolition. Jeannette élève seule ses deux enfants avec un maigre salaire de caissière. Leur rencontre ne sera pas simple car, outre les difficultés inhérentes à leur situation sociale, ils sont blessés par la vie…
Inaugurant le cycle des contes de l’Estaque, MARIUS ET JEANNETTE est le film le plus célèbre de Guédiguian, une fable optimiste dans laquelle il réussit à « réenchanter le monde »…

Vendredi 28 mars à l’Atalante à 21h00

Séance suivie d’une rencontre avec Robert Guédiguian, Bernard Sasia, monteur et Christophe Kantcheff, auteur du livre « Robert Guédiguian, cinéaste ».

L’Argent fait le bonheur

l_argent_fait_le_bonheurFrance – 1992 – 1h30 – Avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Pierre Banderet, Danièle Lebrun.
Les mères d’une banlieue déshéritée de Marseille créent un comité de solidarité sous l’égide du curé. Réunies en assemblée, elles vont inventer une solution à la misère endémique de leur cité et tenter de résoudre les divisions absurdes qui opposent ses habitants…
Produit à l’origine pour la télévision et très rarement montré en salle, L’ARGENT FAIT LE BONHEUR est sans doute le film le plus anar et le plus tonique de Robert Guédiguian…

Samedi 29 mars à 16h00

Séance présentée par Robert Guédiguian.

Marie-Jo et ses deux amours

marie-joFrance – 2002 – Réalisé par Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan…
Sur le chemin des contrebandiers, un jour de pique-nique, Marie-Jo applique la lame d’un couteau sur son poignet. Elle aime profondément Daniel, son mari, et aime aussi fort Marco, son amant.
Lorsque Marie-Jo quittera leur maison pour vivre un temps avec Marco, Daniel attendra son retour avec violence, juste avec une douleur vive qui l’empêche de respirer. Ces deux amours sont impossibles à vivre. Il faut bien pourtant continuer. Les saisons se succèdent, Daniel construit des maisons, Marco conduit des bateaux… Et comme le soleil naît et meurt chaque jour, Marie-Jo a deux amours…
« C’est un film intense et intensément douloureux où perce si bien le romantisme revendiqué de son auteur, qui s’y dévoile, sans doute, plus qu’à l’ordinaire. » Michel Boujut

Vendredi 28 mars à 16h15 à l’Autre cinéma

Séance présentée par Christophe Kantcheff, critique de cinéma.

A la Vie à la mort !

à-la-vieFrance – 2010 – 1h47 – Avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Jacques Gamblin, Jacques Boudet…
A l’Estaque, faubourg de Marseille, un cabaret, « Le Perroquet bleu » sert de refuge à quelques amis que la vie n’a pas gâté. Marie-Sol, mariée à Patrick, chômeur, qui n’arrive pas à avoir d’enfants, Vénus, une jeune droguée qui se prostitue, Farid, un orphelin à la rue, Joséfa, une strip teaseuse fatiguée se rencontrent autour d’un verre. Tous se connaissent depuis longtemps. Ils s’aiment et en dépit de leurs douleurs et disputes ils essaient de continuer à exister ensemble…
Film de tribu par excellence, A LA VIE A LA MORT est une tragédie optimiste sur la force du collectif et sur l’ilot de résistance que constitue cette petite communauté de naufragés…

La Ville est Tranquille

La-Ville-est-Tranquille_referenceFrance – 1999 – 2h12 – Réalisé par Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride, Julie-Marie Parmentier, Jean-Pierre Daroussin…
Marseille, plusieurs destins se croisent. Michèle, ouvrière à la criée aux poissons, ne vit que pour sortir sa fille de la drogue. Paul trahit ses amis dockers pour devenir chauffeur de taxi. Ses parents, retraités, ne voteront plus jamais. Viviane ne supporte plus son mari, «gauchiste réaliste». Abderamane, transformé par la prison, cherche à aider ses frères. Sarkis se bat pour le piano à queue dont il rêve…
D’une radicale noirceur, LA VILLE EST TRANQUILLE est aussi lucide et intransigeant que poignant et généreux, un grand film à redécouvrir absolument.

Samedi 29 mars à 18h à l’Atalante

Séance suivie d’une rencontre autour de Marseille entre Robert Guédiguian et les membres du groupe Moussu T.

Les Neiges du Kilimandjaro

les-neiges-du-kilimandjaroFrance – 2010 – 1h47 – Avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Grégoire Leprince-Ringuet, Maryline Canto…
Bien qu’ayant perdu son travail, Michel vit heureux avec Marie-Claire. Ces deux-là s’aiment depuis trente ans. Ce bonheur va voler en éclats quand deux jeunes hommes armés et masqués pénètrent chez eux, les frappent, les attachent, et s’enfuient avec leurs cartes de crédit…
Tout en faisant le constat lucide et mélancolique d’un monde ouvrier pour lequel le combat semble perdu, LES NEIGES DU KILIMANDJARO met aussi en scène la grandeur des gens simples, les élans de leur générosité et de leur solidarité, ce qui en fait un de ses films les plus vibrants…