Retro Mizoguchi

A partir du 7 août

Cette rétrospective estivale sera l’occasion de revisiter huit œuvres majeures des années cinquante d’un cinéaste parvenu au sommet de son art, témoignant avec force de la condition féminine et de l’injustice dans des mélodrames foudroyants.

« Si la poésie apparaît à chaque seconde, dans chaque plan que tourne Mizoguchi, c’est qu’elle est le reflet instinctif de la noblesse inventive de son auteur. » Jean-Luc Godard

 

MISS OYU

(OYU-SAMA)

JAPON | 1951 | 1H35 EN VO |AVEC KINUYO TANAKA, NOBUKO OTAWA, YÛJI HORI

Fin de l’ère Meiji. Lorsque Shinnosuke est présenté à Oshizu en vue d’un mariage, il est ébloui par sa sœur Oyu, plus âgée. Bien que celle-ci soit veuve, les conventions l’empêchent de se marier. Le mariage entre les jeunes gens aura bien lieu, mais Oshizu décidera que c’est sa sœur Oyu qui profitera des faveurs de Shinnosuke…

LES CONTES DE LA LUNE VAGUE APRES LA PLUIE

JAPON |1953 |1H37 EN VO |AVEC MASAYUKI MORI, KINUYO TANAKA, SAKAE OZAWA

XVIe siècle. Deux villageois ambitieux partent à l’aventure : le potier Genjuro désire profiter de la guerre pour s’enrichir, le paysan Tobei rêve de devenir un grand samouraï. À la ville, Genjuro est entraîné par une belle et étrange princesse dans son manoir où il succombe à ses sortilèges…

 

LES MUSICIENS DE GION

JAPON |1953| 1H35 EN VO| AVEC MICHIYO KOGURE, AYAKO WAKAO, SEIZABURO KAWAZU.

Miyoharu, une geisha très renommée, prend sous son aile la jeune Eiko, prometteuse apprentie. Elles vont devoir emprunter de l’argent à une propriétaire renommée de maison de thé, qui leur propose un marché…

 

L’INTENDANT SANSHO

JAPON |1954 |2H05 EN VO | AVEC KINUYO TANAKA, EITARÔ SHINDO, KYÔKO KAGAWA.

XIe siècle. Un gouverneur de province est exilé pour avoir pris le parti des paysans contre l’avis d’un chef militaire. Contraints de reprendre la route de son village natal, sa femme Nakagimi et ses enfants sont kidnappés par des bandits de grand chemin. Nakagimi est déportée sur une île, tandis que les enfants sont vendus comme esclaves à l’intendant Sansho, un propriétaire cruel…

 

UNE FEMME DONT ON PARLE

JAPON |1954 | 1h23 EN VO | AVEC KINUYO TANAKA, YOSHIKO KUGA, TOMOEMON OTANI

Une étudiante en musique et sa mère, tenancière de bordel, sont amoureuses du même homme…

 

LES AMANTS CRUCIFIES

Japon |1954 | 1h40 en VO | avec Kazuo Hasegawa, Kyoko Kagawa, Eitaro Shindo, Eitaro Ozawa…

XVIIe siècle. Mohei est le brillant employé de l’imprimeur des calendriers du palais impérial. O-San, la jeune épouse de son patron, sollicite son aide pour éponger les dettes de sa famille car son mari est trop avare. Mohei accepte et emprunte l’argent sur la commande d’un client. Dénoncés et menacés d’adultère, Mohei et O-San vont devoir fuir avant de s’avouer l’un l’autre leur amour.

Dans cette élégie funèbre d’une beauté toujours intacte, le réalisateur japonais mêle la grandeur des tragédies grecques à la noirceur des romans naturalistes, et aborde les thèmes qu’il développera tout au long de sa fructueuse carrière : la soumission et l’injustice envers les femmes, le poids de la tradition, la cupidité, la lâcheté des hommes et le pouvoir de l’argent.

L’IMPERATRICE YAN KWEI-FEI

Japon | 1955 |1h31 en VO | avec Machiko Kyo, Masayuki Mori, So Yamamura, Eitaro Shindo…

Dans la Chine du viiie siècle, l’empereur Hiuan-Tsong est inconsolable depuis la mort de l’impératrice et délaisse les charges de l’Etat. Seule la musique lui donne quelque joie.
C’est un général assoiffé de pouvoir qui, espérant en tirer profit, lui présente une cousine éloignée d’origines simples qui ressemble à la défunte épouse. D’abord réticent, l’empereur est rapidement charmé par sa fraîcheur et sa sincérité et lui consacre toute son attention, laissant peu à peu son entourage profiter abusivement de son pouvoir…
Basé sur une légende très connue en Chine et au Japon, L’IMPERATRCE YANG KWEI-FEI est le premier film de Mizoguchi en couleur.

 

LA RUE DE LA HONTE

Japon |1956 |1h27 en VO | avec Machiko Kyo, Aiko Mimasu, Ayako Wakao, Michiyo Kogure..

Dans une maison de geishas de Yoshiwara, le quartier des plaisirs de Tokyo, on s’inquiète d’une nouvelle loi discutée au parlement prévoyant l’interdiction de la prostitution. C’est à ce moment-là qu’arrive Mickey, une nouvelle employée jeune et sans complexe qui est décidée à gagner le plus d’argent possible pour étancher sa soif de dépenses.
LA RUE DE LA HONTE, dernier film et dernier chef d’œuvre de Mizoguchi, dépeint un Tokyo interlope, celui d’une condition féminine recluse, inquiète, et ultime…

 

Thé vert glacé offert pour chaque spectateur de la rétro !

 

Face à l’Histoire : Kenji Mizoguchi – Blow Up – ARTE


Bio Mizoguchi

Kenji Mizoguchi est né le 16 mai 1898 à Ushima, sous-quartier de Hongo, un des plus vieux arrondissements de Tokyo. Il grandit dans un milieu très pauvre en bordure de la rivière Sumida dans le quartier miséreux d’Asakusa, où se mélangent chiffonniers, théâtres populaires, terrains vagues, petits trafics et prostituées. Il a une sœur de 7 ans son aînée et un frère de 7 ans son puîné. À l’école, c’est un élève très moyen. Sitôt l’école primaire terminée, rêvant d’une carrière de peintre, il entre comme apprenti chez un dessinateur de kimonos d’été. En 1915, suite au décès de sa mère, Mizoguchi et son petit frère sont recueillis par la grande sœur. À l’âge de 19 ans, il quitte Tokyo pour rejoindre le journal de Kobe comme dessinateur d’annonces publicitaires, puis rédacteur de faits divers. En août 1918, alors qu’éclatent un peu partout au Japon les « émeutes du riz », un révolte de miséreux affamés sur lesquels la police n’hésite pas à tirer, Mizoguchi s’engage dans un mouvement d’entraide sociale, ce qui lui vaudra d’être arrêté, battu et emprisonné. À la fin de la Première guerre mondiale, il quitte Kobe sans préavis et repart à Tokyo. Son père, devenu chômeur, a été contraint de vendre sa sœur à une autre famille. Mizoguchi ne trouve pas d’emploi, il mène une vie de vagabond. Il fait alors la rencontre d’un petit acteur qui le met en contact avec un jeune metteur en scène travaillant pour la Nikkatsu. Mizoguchi est ainsi recommandé au studio et, en mai 1921, il est embauché et commence sa carrière dans le monde du cinéma en tant qu’assistant metteur en scène.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.