Sandrine Agosti Navarri et Lutfi Jakfar

 

expo-Sandrine-LutfiDU 12 AOÛT AU 3 SEPTEMBRE

« A quatre mains » propose le travail de Sandrine Agosti Navarri , photographe et de Lutfi Jakfar, vidéaste et poète.

Tout d’abord quelques photographies de plateau des tournages des trois films courts réalisés par Lutfi Jakfar permettront de s’imprégner de son univers onirique et sensible et de rentrer au plus près dans les coulisses des tournages.

Nous présenterons pour la seconde fois la série « Translation », fruit d’une collaboration en aval de nos créations, un dialogue entre l’univers des images et des mots. Une proposition qui interroge sur les correspondances des questionnements et leurs mises en œuvre.

Le troisième volet de l’exposition est une présentation d’une série de « Vanités »; natures mortes prises à la chambre 4×5 inch, série d’un  travail en cours.

 

Contact :

sandrineagostinavarri.com
tel : 06 62 49 32 04
mail : sandagosti@yahoo.fr


L’oeil ici se déplace, va et vient des mots aux photographies.

Translation certes, comme l’annonce le titre du recueil, mais, peut-être davantage encore, imbrication. Car ces textes et ces images qui furent les uns et les autres réalisés en des temps et des lieux éloignés et se trouvent aujourd’hui réunis se font étrangement écho. Ils se rejoignent et convergent pour dire ensemble la nature, les paysages, la puissance des éléments comme celle des émotions. Pour dire le voyage – translation encore – et le temps qui passe.

Ces poèmes comme ces clichés sont dans une temporalité à part. Ils captent l’instant comme pour le transformer. Dans l’évanescence des choses et des situations ils recherchent la durée, peut-être l’intemporel. Les photographies prises derrière la vitre d’un train en marche sont l’exacte traduction du mouvement, de l’éphémère, du passager. Images diaphanes du lever de soleil, elles évoquent l’impermanence du monde en même temps que son immensité. Le voile qui les enveloppe et la lumière hésitante du petit jour qui les baigne renvoient quant à eux à la fragilité, à la versatilité de ce qui nous entoure et de nos sensibilités changeantes.

Les courts poèmes qui accompagnent chacune d’elles vont dans le même sens. Plus suggestifs que descriptifs, ils rappellent régulièrement l’enfance, les contrées lointaines et cet Orient si présent, le monde animal et végétal, la nature et ses saisons. Ils jouent des mots, de leur sonorité, pour créer ou recréer un univers où alternent l’imaginaire et le réel nourri de souvenirs et d’expériences personnels. Instantanés, brefs, intenses, sans doute ont-ils quelque parenté avec les haïkus, en lesquels justement Roland Barthes voyait l’équivalent verbal de la photographie. Ainsi le verbe et l’image, l’oral et le visuel se répondent pour stimuler le lecteur, pour le transporter. La poésie élève l’âme, disait E.A Poe. Translation encore, vers d’autres perceptions, d’autres sensations.

Reste une question : comment et selon quels critères ces textes et ces images qu’ils ont conçus séparément, ont-ils été appariés par leurs auteurs ? Vaine question sans doute. Peut-être en effet appartient-il à chacun de se représenter, pour lui-même, ce qui lie à chaque fois l’image au texte, pour devenir alors un peu acteur de l’authentique et profond dialogue qui nait sans cesse de cette rencontre.
Catherine Choron-Baix

Paris, juillet 2015

 

 

 

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