Le Diable n’existe pas

Le

Iran | 2020 | 2h30 en VO | Réalisé par Mohammad Rasoulof avec Ehsan Mirhosseini, Kaveh Ahangar, Mohammad Valizadegan, Mohammad Seddighimehr…

Ours d’Or, Festival de Berlin 2020

Iran, de nos jours. Heshmat est un mari et un père exemplaire mais nul ne sait où il va tous les matins. Pouya, jeune conscrit, ne peut se résoudre à tuer un homme comme on lui ordonne de le faire. Javad, venu demander sa bien-aimée en mariage, est soudain prisonnier d’un dilemme cornélien. Bharam, médecin interdit d’exercer, a enfin décidé de révéler à sa nièce le secret de toute une vie. Ces quatre récits sont inexorablement liés. Dans un régime despotique où la peine de mort existe encore, des hommes et des femmes se battent pour affirmer leur liberté…

De la contrainte naissent parfois les chefs-d’œuvre. C’est en effet pour contourner la censure du régime que Mohammad Rasoulof, persécuté depuis UN HOMME INTÈGRE (Grand prix du Jury à Cannes en 2017), a eu cette idée lumineuse de réaliser officiellement quatre courts métrages. Tourné dans la clandestinité, avec une grande économie de moyens, LE DIABLE N’EXISTE PAS n’en est pas moins d’une rigueur et d’une beauté formelle à couper le souffle ; les quatre histoires qui le composent, fortes, sensibles, ont une cohérence évidente – esthétique et thématique. Le lien entre ces histoires, c’est évidemment la question de la peine de mort et de la responsabilité individuelle. En grand conteur, le cinéaste sonde notre humanité profonde, dans une mise en scène à la fois magistrale et subtile. Un grand film.