Le Genou d’Ahed

Le

Israël | 2021 | 1h49 en VO | Réalisé par Nadav Lapid avec Avshalom Pollak, Nur Fibak, Yoram Honig, Lidor Ederi…

Prix du jury, Festival de Cannes 2021

Y., cinéaste israélien, arrive dans un village reculé au bout du désert pour la projection de l’un de ses films. Il y rencontre Yahalom, une fonctionnaire du ministère de la Culture, et se jette désespérément dans deux combats perdus : l’un contre la mort de la liberté dans son pays, l’autre contre la mort de sa mère…

Le cinéma de Nadav Lapid n’est pas un cinéma de tout repos : c’est un cinéma rugueux, explosif, énervé, à l’image des rapports du cinéaste avec son pays, Israël, dont il dresse souvent un portrait au vitriol (que ce soit dans LE POLICIER ou SYNONYMES, Ours d’Or à Berlin en 2019). Celui-ci ne déroge pas à la règle et va même encore plus loin, tant il prend la forme d’un cri de rage et de rébellion à l’égard d’une nation de plus en plus sécuritaire et viriliste. Film aussi punk que brillant dans la forme et qui règle ses comptes avec le passé, LE GENOU D’AHED est aussi paradoxalement une déclaration d’amour, adressée à sa mère Era Lapid – proche collaboratrice et monteuse – récemment disparue. La beauté du film vient aussi de cette oscillation entre détestation et désir d’abandon, que porte magnifiquement l’acteur et chorégraphe Avshalom Pollak, en double du cinéaste…