L’Enfance nue

LFrance | 1968 | 1h23 | avec Michel Tarrazon, Linda Gutemberg, Raoul Billerey

François, dix ans, est un enfant de l’assistance publique. Accumulant les bêtises, il est trimballé de famille d’accueil en famille d’accueil. François est alors placé chez un couple âgé, les Thierry, qui accueillent déjà Raoul, un autre enfant de l’assistance publique.
Chez « Pépère » et « Mémère », il découvre une nouvelle famille chaleureuse…

«On a l’impression d’être face à un document unique qu’on pourrait croire pris sur le vif, improvisé mais c’est au contraire très travaillé. Je suis marquée par la façon dont Pialat “prend” les scènes là où les autres cinéastes les “laissent”, c’est-à-dire qu’il prend la scène à son acmé et la poursuit encore plus loin. Puis, il colle ces scènes les unes aux autres sans temps mort, c’est de la dynamite, un bloc d’énergie qui ne verse pas dans la psychologie, ça leur confère une émotion violente et sèche.»
CATHERINE CORSINI

> dossier de la rétrospective

Lundi 10 août à 21h

Séance présentée par Simon Blondeau, animateur à l’Atalante

 

 

Maurice Pialat naît à Cunlhat, en Auvergne, le 31 août 1925. Suite à la ruine de son père, marchand de bois, vin et charbon, il est essentiellement élevé par sa grand-mère. Aspirant au métier de peintre, il suit des cours d’architecture puis de peinture à l’École nationale supérieure des arts décoratifs pendant la Seconde Guerre mondiale. A la Libération, il renonce à la peinture et vit de petits boulots.

Dans les années 1950, il achète une caméra et réalise quelques courts métrages amateurs avant d’être remarqué par le producteur Pierre Braunberger qui produit son premier court métrage professionnel, L’amour existe en 1960 puis Janine en 1962.

Ce n’est que tardivement, à 43 ans, qu’il réalise son premier long métrage, L’Enfance nue, qui remporte le prix Jean Vigo en 1968. Ces premiers films à petit budget annoncent ce que sera le « style Pialat » : des personnages gouailleurs et tiraillés par leur amour (Nous ne vieillirons pas ensemble, A nos amours), une mise en scène brute et réaliste proche du documentaire (Police, Loulou), des distributions composées en partie d’acteurs amateurs (La Gueule ouverte, Passe ton bac d’abord) mais aussi un certain rapport à l’art (Van Gogh) et à la foi (Sous le soleil de Satan).