Loulou

LoulouFrance | 1980 | 1h50 | avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Guy Marchand

Nelly, femme bourgeoise à la vie rangée, rencontre un soir Loulou, un jeune paumé. Violemment mise à la porte par son mari, elle part vivre avec lui. Bientôt, elle attend un enfant mais Loulou ne change pas sa vie de marginal, partagée entre les copains et les petits casses nocturnes.

«Ça s’est très mal passé: on ne s’est pas bien entendus avec Gérard, ça n’a pas été un tournage agréable. Il n’a pas terminé Loulou, il est parti. C’est un film dont il y a encore des scènes à tourner, l’une d’elles, celle des tartines, est en partie dans Le Garçu. À la fin, tout le monde foutait le camp. Huppert est partie aux États-Unis faire du patin à roulettes pendant six mois avec Cimino… Beaucoup de personnes ont foutu la merde. Il y a des gens dont c’est la principale activité sur un tournage. Sur les génériques, au lieu de mettre tel ou tel titre, on devrait mettre: “Untel : fouteur de merde”, “Untel: fouteur de merde”…»MAURICE PIALAT

> dossier de la rétrospective

Lundi 30 août à 20h30

Séance présentée par Simon Blondeau, animateur à l’Atalante

 

 

 

Maurice Pialat naît à Cunlhat, en Auvergne, le 31 août 1925. Suite à la ruine de son père, marchand de bois, vin et charbon, il est essentiellement élevé par sa grand-mère. Aspirant au métier de peintre, il suit des cours d’architecture puis de peinture à l’École nationale supérieure des arts décoratifs pendant la Seconde Guerre mondiale. A la Libération, il renonce à la peinture et vit de petits boulots.

Dans les années 1950, il achète une caméra et réalise quelques courts métrages amateurs avant d’être remarqué par le producteur Pierre Braunberger qui produit son premier court métrage professionnel, L’amour existe en 1960 puis Janine en 1962.

Ce n’est que tardivement, à 43 ans, qu’il réalise son premier long métrage, L’Enfance nue, qui remporte le prix Jean Vigo en 1968. Ces premiers films à petit budget annoncent ce que sera le « style Pialat » : des personnages gouailleurs et tiraillés par leur amour (Nous ne vieillirons pas ensemble, A nos amours), une mise en scène brute et réaliste proche du documentaire (Police, Loulou), des distributions composées en partie d’acteurs amateurs (La Gueule ouverte, Passe ton bac d’abord) mais aussi un certain rapport à l’art (Van Gogh) et à la foi (Sous le soleil de Satan).