Nous ne vieillirons pas ensemble

NousFrance | 1972 | 1h46 | avec Marlène Jobert, Jean Yanne, Macha Méril

Depuis six ans, Jean et Catherine sont amants. Lui n’a jamais voulu divorcer et vit toujours chez sa femme. Elle vit chez ses parents. Ils se voient tous les jours dans des hôtels, des voitures, pendant les vacances, les week-ends. Ils s’aiment, se disputent, se battent puis se réconcilient. Un jour, Catherine décide de rompre.

« Nous ne vieillirons pas ensemble est l’histoire “d’amour” (ou ce qu’on a coutume d’appeler ainsi) la plus perverse que j’ai pu voir. Pour moi, il mérite plutôt d’être classé comme film d’horreur, un film d’horreur magnifique qui met l’idéalisation de l’amour à l’épreuve de sa mise en pratique. Le film parle du cauchemar sous-jacent à la façon dont on préfère généralement se souvenir de nos vieux rêves… Chacun a connu une relation de couple comme celle de Jean et de Catherine, une histoire qui n’a aucun sens et vers laquelle pourtant on revient sans cesse comme s’il n’y avait pas d’autre possibilité sur cette terre.De l’auto-destruction… C’est tout simplement sublime. Renversant. Brut. Obsessionnel. Du cinéma.» JOSH SAFDIE

Du 12 au 17 août

> dossier de la rétrospective

 

 

Maurice Pialat naît à Cunlhat, en Auvergne, le 31 août 1925. Suite à la ruine de son père, marchand de bois, vin et charbon, il est essentiellement élevé par sa grand-mère. Aspirant au métier de peintre, il suit des cours d’architecture puis de peinture à l’École nationale supérieure des arts décoratifs pendant la Seconde Guerre mondiale. A la Libération, il renonce à la peinture et vit de petits boulots.

Dans les années 1950, il achète une caméra et réalise quelques courts métrages amateurs avant d’être remarqué par le producteur Pierre Braunberger qui produit son premier court métrage professionnel, L’amour existe en 1960 puis Janine en 1962.

Ce n’est que tardivement, à 43 ans, qu’il réalise son premier long métrage, L’Enfance nue, qui remporte le prix Jean Vigo en 1968. Ces premiers films à petit budget annoncent ce que sera le « style Pialat » : des personnages gouailleurs et tiraillés par leur amour (Nous ne vieillirons pas ensemble, A nos amours), une mise en scène brute et réaliste proche du documentaire (Police, Loulou), des distributions composées en partie d’acteurs amateurs (La Gueule ouverte, Passe ton bac d’abord) mais aussi un certain rapport à l’art (Van Gogh) et à la foi (Sous le soleil de Satan).