Police

France | 1985 | 1h53 | Réalisé par Maurice Pialat avec Gérard Depardieu, Sophie Marceau, Richard Anconina, Sandrine Bonnaire,

L’inspecteur Mangin est prêt à tout pour démanteler un réseau parisien de trafiquants de drogue. Il dispose de maigres éléments, fournis par son indic, Claude. Un nom se détache : « Simon »…

« Mangin, c’est 50% Maurice, et 50% ce que j’aimerais être, ce que je ne suis pas encore. Comment dire ? C’est un peu plus charnel que l’instinct… C’est l’incarnation d’une certaine souffrance. D’une fatalité qui pèse sur un milieu social. C’est une chair chaude, une espèce de lion qui tourne en rond. C’est un type de mon âge, avec mes doutes, qui tombe amoureux d’une môme de dix-sept ans, une mythomane dont le corps n’a déjà plus rien, plus de cri, qui ne sait pas ce que c’est que de jouir, qui passe à côté de tout. Mine de rien, quand on se retrouve seul devant le personnage de Mangin, c’est difficile. Presque infaisable. Heureusement, il y avait le regard de Maurice. Et je me souvenais de À nos amours, quand Maurice regarde sa fille… Mangin, c’est lui avec quinze ans de moins. » GÉRARD DEPARDIEU

> dossier de la rétrospective

 

Maurice Pialat naît à Cunlhat, en Auvergne, le 31 août 1925. Suite à la ruine de son père, marchand de bois, vin et charbon, il est essentiellement élevé par sa grand-mère. Aspirant au métier de peintre, il suit des cours d’architecture puis de peinture à l’École nationale supérieure des arts décoratifs pendant la Seconde Guerre mondiale. A la Libération, il renonce à la peinture et vit de petits boulots.

Dans les années 1950, il achète une caméra et réalise quelques courts métrages amateurs avant d’être remarqué par le producteur Pierre Braunberger qui produit son premier court métrage professionnel, L’amour existe en 1960 puis Janine en 1962.

Ce n’est que tardivement, à 43 ans, qu’il réalise son premier long métrage, L’Enfance nue, qui remporte le prix Jean Vigo en 1968. Ces premiers films à petit budget annoncent ce que sera le « style Pialat » : des personnages gouailleurs et tiraillés par leur amour (Nous ne vieillirons pas ensemble, A nos amours), une mise en scène brute et réaliste proche du documentaire (Police, Loulou), des distributions composées en partie d’acteurs amateurs (La Gueule ouverte, Passe ton bac d’abord) mais aussi un certain rapport à l’art (Van Gogh) et à la foi (Sous le soleil de Satan).