Sous le soleil de Satan

Sous

France | 1987 | 1h48 | Avec Gérard Depardieu, Sandrine Bonnaire, Maurice Pialat

Palme d’Or – Festival de Cannes

Médiocre séminariste, l’abbé Donissan, hanté par le mal et l’échec de sa mission, s’inflige des mortifications et ne parvient pas à établir le contact avec ses paroissiens. Jusqu’au jour où il rencontre la jeune Mouchette qui vient de commettre un grave péché…

« C’est ce qu’on voit chez les grands cinéastes. À un moment donné, il y a un film comme ça. C’est ce qu’on appelle un chef-d’œuvre. Et c’est le chef-d’œuvre d’une œuvre. Comme la Neuvième de Beethoven, effectivement c’est la plénitude de toutes les symphonies. Quand je vois Ordet de Dreyer, quand je vois Sous le soleil de Satan de Pialat… Chez pas mal de cinéastes, il y a tout à coup un film majeur. Mais majeur, c’est-à-dire qui canalise tout : tout est là, et parfaitement réglé. Et après… Pialat, après, c’est moins bien. Mais en même temps c’est l’apothéose. C’est l’apothéose de son art, avec ses acteurs. Tout ce qu’il a voulu faire et qu’il a fait depuis le début, tout ce qu’il a cherché, d’une certaine façon, il l’a trouvé. »
BRUNO DUMONT

 

> dossier de la rétrospective

 

 

Maurice Pialat naît à Cunlhat, en Auvergne, le 31 août 1925. Suite à la ruine de son père, marchand de bois, vin et charbon, il est essentiellement élevé par sa grand-mère. Aspirant au métier de peintre, il suit des cours d’architecture puis de peinture à l’École nationale supérieure des arts décoratifs pendant la Seconde Guerre mondiale. A la Libération, il renonce à la peinture et vit de petits boulots.

Dans les années 1950, il achète une caméra et réalise quelques courts métrages amateurs avant d’être remarqué par le producteur Pierre Braunberger qui produit son premier court métrage professionnel, L’amour existe en 1960 puis Janine en 1962.

Ce n’est que tardivement, à 43 ans, qu’il réalise son premier long métrage, L’Enfance nue, qui remporte le prix Jean Vigo en 1968. Ces premiers films à petit budget annoncent ce que sera le « style Pialat » : des personnages gouailleurs et tiraillés par leur amour (Nous ne vieillirons pas ensemble, A nos amours), une mise en scène brute et réaliste proche du documentaire (Police, Loulou), des distributions composées en partie d’acteurs amateurs (La Gueule ouverte, Passe ton bac d’abord) mais aussi un certain rapport à l’art (Van Gogh) et à la foi (Sous le soleil de Satan).