UNE SEMAINE ET UN JOUR

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Israël – 2016 – 1h30 en VO – Réalisé par Asaph Polonsky avec Shai Avivi, Evgenia Dodina, Tomer Kapon…

 

À la fin du Shiv’ah – les 7 jours de deuil dans la tradition juive – l’existence doit reprendre son cours. Tandis que Vicky, sa femme, se réfugie dans les obligations du quotidien, Eyal, lui, décide de lâcher prise. Avec un ami de son fils défunt, il partage un moment de liberté salvateur et poétique, pour mieux renouer avec les vivants…

Faire une comédie sur le deuil sans contredire la nature dramatique de son sujet : pour son premier-long métrage, présenté à la Semaine de la critique à Cannes, Asaph Polonsky s’est lancé dans un projet périlleux qui se révèle une vraie réussite.

Le film se situe dans ce moment un peu flottant où les cris et les larmes ont tari et où la vie reprend son cours, dans une mécanique un peu absurde que le réalisateur utilise aussi comme un ressort comique.

Alors que l’une se lance à corps perdu dans les gestes du quotidien, l’autre tente de vaincre sa douleur en s’offrant une petite régression avec le fils du voisin, fumeur de joints et amateur de concours d’air guitar (l’une des séquences les plus drôles du film).

La grande justesse de cette tragi-comédie tient à la tendresse sans complaisance portée par le réalisateur sur ses personnages, que le film promène d’un accident cocasse à l’autre, comme pour fissurer en douceur la carapace insensible qu’ils se sont déjà construite.

Et si l’on rit sincèrement (des travers des voisins, des idioties d’Eyal et du flegme désolé de Vicky), on rit de ce rire singulier qui soigne et fait un peu mal en même temps, comme dans ces scènes d’enterrement où le fou rire n’est jamais loin des larmes…

> jusqu’au 27 décembre à l’Autre Cinéma