LITTLE TROUBLE GIRLS
Lucia, adolescente introvertie, rejoint la chorale de son école et se rapproche d’Ana-Maria. Dans ce nouvel espace collectif, l’éveil du désir vient fissurer ses certitudes et troubler l’équilibre du chœur…
Critique de film du ciné-club étudiant Les Passagers
Le film accompagne la jeune fille au seuil d’une métamorphose silencieuse et choisit pour la raconter une forme épurée. Tout passe par le gros plan, par des images qui suggèrent plus qu’elles n’énoncent. Autant de signes discrets qui composent, en creux, le portrait d’une féminité naissante à travers chaque plan. Peu à peu, le récit glisse vers une errance intérieure, portée moins par l’action que par la sensation. Le film avance par le son, par le souffle. Les chants folkloriques slovènes deviennent une matière narrative à part entière, capables de prolonger les scènes et d’en enrichir l’atmosphère. Très personnel dans son geste, Lucia est traversée par un sentiment de culpabilité face à des instincts naturels longtemps réprimés. De cette tension naît une expérience corporelle, presque cathartique. En choisissant l’intuition plutôt que les dogmes, le film s’ouvre à une lumière douce, à une grâce qui rayonne, laissant émerger une tendresse rare.