UN CHAMP DE FRAISES POUR L'ÉTERNITÉ
Radio Pomski livre sa dernière bataille. Cultissime radio locale, lovée dans un camping, elle ressemble à celles et ceux qui y résident à l’année et que la vie a cabossés. Alors que la menace d’une expulsion se resserre, l’antenne devient le cœur battant d’une communauté où se mêlent destins ordinaires et extraordinaires, tentatives de bonheur, et certitude fragile qu’ensemble, tout n’est pas encore perdu. À sa manière, chacun essaie de sauver bien plus qu’un lieu : une certaine idée de l’amour et de l’amitié…
Il y a des cinéastes qui se font d’autant plus discrets qu’ils ont des choses simples et importantes à dire. C’est le cas d’Alain Raoust, qui nous livre ici un film un peu à revers de l’époque, tout y étant pleinement inscrits, à l’image de cette communauté de précaires installée dans un camping un peu à l’écart de tout. A sa manière, tendre et amusée, UN CHAMP DE FRAiSES POUR L’ÉTERNiTÉ – magnifique titre – livre une certaine idée du monde et du cinéma, résolument du côté des Indiens plutôt que des cow-boys (hilarantes séquences de Philippe Rebbot face à un groupuscule identitaire costumé façon Ku Klux Klan) et où les âmes écorchées prendraient soin les unes des autres. La petite troupe de comédiens contribue largement au charme de ce film sans prétention, si ce n’est montrer que c’est dans le rapport aux autres que l’on peut trouver un peu d’espoir, comme dans le formidable REBUiLDiNG avec Josh O’Connor montré récemment…