HAYAT
Contrainte à un mariage arrangé, Hicran s’enfuit de chez elle. Inquiété par sa disparition, son supposé fiancé Riza quitte son village pour Istanbul, à la recherche de celle qu’il n’a pas eu le temps de connaître. Face à la réalité d’un monde masculin qui veut la soumettre, Hicran s’abandonne à son destin qui ne cessera de la surprendre…
Comment se fait-il que HAYAT soit le premier film de Zeki Demirkubuz à sortir en France ? C’est la question qui se pose en découvrant l’œuvre de ce cinéaste turc, considéré dans son pays comme l’équivalent de Nuri Bilge Ceylan. Remercions donc le distributeur Damned pour cette découverte : « un cinéma qui est là pour nous aider à comprendre, pour répondre à des questions et nous en poser de nouvelles, […] un cinéma profond et ambigu » comme le résume lui-même le réalisateur. HAYAT pourrait être aussi un film sur l’amour, le mariage arrangé, sur les jeunes filles qui n’ont d’autre choix que de s’enfuir, mais c’est au final un film sur la Vie – c’est la traduction française du titre -, avec ses détours, ses arrangements et ses surprises. Avec ce film habilement construit et troué de magnifiques ellipses, Zeki Demirkubuz nous offre une œuvre profondément engagée et sans compromis, mais surtout sensible et au plus près de l’humain.