AUTOFICTION
En Compétition - Festival de Cannes 2026
Raúl est un cinéaste culte en pleine crise créative. Lorsqu’un drame frappe l’une de ses proches collaboratrices, il s’en inspire pour écrire son prochain film. Peu à peu, il imagine Elsa, une réalisatrice en pleine écriture, dont le parcours commence à refléter le sien. Les deux cinéastes deviennent les deux facettes d’un même personnage, dans un jeu de miroirs où l’impudeur de l’autofiction dévoile autant qu’elle détruit. Mais jusqu’où peut-on aller pour raconter une histoire ?
Il nous est impossible de ne pas penser que toute la structure du film n’est finalement pas la préoccupation profonde de Pedro Almodóvar sur les contraintes de la création. Si dans DOULEUR ET GLOiRE il nous a associés à son introspection profonde, il continue ici avec un film très autobiographique qui témoigne de ses inquiétudes de devoir sortir des idées du chapeau pour rassasier un public fidèle de plus en plus vorace. Ses deux personnages sont sans doute ses propres voix internes qui le guident et qui le torpillent à la fois. Avec un soin du détail et une maîtrise impeccable de ses plans, Almodóvar nous livre un film esthétiquement intense aux récits qui s’imbriquent comme des poupées russes avec finesse et ingéniosité.