CIUDAD SIN SUENO

ESPAGNE
2025 1h37
Réalisé par Guillermo Galoe
avec Antonio Ferández Gabarre, Bilal Sedraoui, Jesús Fernández Silva, Luis Bértolo...

Toni, un garçon Rom de 15 ans, vit dans le plus grand bidonville illégal d’Europe, en périphérie de Madrid. Fier d’appartenir à sa famille de ferrailleurs, il suit son grand-père partout. Mais à mesure que leur terrain devient la proie des démolisseurs, la famille se divise : lorsque certains choisissent de partir en ville, son grand-père, lui, refuse de quitter leurs terres. Au fil des nuits, Toni doit faire un choix : s’élancer vers un avenir incertain ou s’accrocher au monde de son enfance… 

Il fallait voir toute l’équipe du film réunie pour la présentation du film à Cannes, pour toucher du doigt l’expérience inédite que fut le tournage de ce premier film fort, tourné au cœur de La Cañada Real, avec la communauté du quartier. Pour le réalisateur Guillermo Galoe, CiUDAD SiN SUEÑO (qui tire son titre d’un poème de Federico Garcia Lorca) est né d’une image : « un enfant qui revendique son enfance alors qu’il la voit s’envoler dans la nuit. ». Pour donner corps à cette vision, il a vécu plusieurs années au rythme de ce lieu et de ces protagonistes, en tirant un film à la fois âpre, simple et puissant… 

 

Critique de film du ciné-club Les Passagers :

Un film bruyant, mais à la fois très silencieux, qui aborde des thèmes divers de manière subtile. D’abord, la question de la culture. Une partie importante de notre être, qui peut souvent être bousculée par un besoin de modernité, et qui contraste fréquemment avec les coutumes. Le personnage principal a des aspirations de renouveau, suivi de son meilleur ami Bilel, qui, lui, « réussit » à s’extirper d’un environnement qui, malgré tout, peut être anxiogène.

Voir la communauté gitane d’un œil intérieur m’a fait apprendre beaucoup plus sur cette culture qui m’était étrangère jusqu’à maintenant. Les acteurs, qui ne sont pas des acteurs au passage, jouent leurs propres rôles et leurs propres souvenirs de vie. L’identité est au cœur du film : comment mêler cette identité à un semblant de modernité ?

Les plans sont lents et très intenses ; ils sont marqués par un long silence ou encore, parfois, par l’Adhan, l’appel à la prière. Le silence est lourd, mais le film nous rappelle que cette lourdeur est intentionnelle et fait partie à part entière de ce train de vie de ces deux jeunes.

Après une discussion très fructueuse avec le Ciné Club, j’ai réalisé qu’en fait, le film n’était pas là pour plaire, mais pour parler. Sans aucun jugement, il nous expose simplement des faits et nous fait réfléchir sur notre jugement et notre perception de la culture gitane. Les personnages sont pauvres, on les plaint, mais on se rend vite compte qu’ils n’en sont pas malheureux, et que cette pauvreté joue un grand rôle dans leur communautarisme.

Les autres films à l'affiche