L'ESPÈCE EXPLOSIVE
Quinzaine des Réalisateurs – Festival de Cannes 2026
Dans la campagne du Nord-Est de la France. Les sangliers qui ravagent les cultures provoquent une guerre ouverte entre chasseurs et agriculteurs. Brun, céréalier en faillite, lutte pour maintenir sa ferme à flot. Quand un notable du coin le pousse à bout, il déraille et disparaît. Un an plus tard, Fulda, un gendarme corse muté dans la région pour raisons disciplinaires, mène l‘enquête. Mais sa récente rupture amoureuse et la vodka dans laquelle flotte son cerveau n‘aident pas. Heureusement, il y a Stéphane, la nouvelle psy de la gendarmerie : elle est là pour mettre un peu d‘ordre dans son chaos – à moins que ce ne soit l‘inverse ?
Sans mauvais jeu de mots, il est toujours réjouissant de découvrir des premiers films qui s’aventurent à ce point hors des sentiers battus. Dans le lointain sillage du cinéma de Guiraudie, le film de Sarah Arnold trouve un ton singulier, entre enquête policière et comédie romantique, et nous balade entre humour et malaise avec ses drôles de personnages. Commençant comme une sèche chronique rurale, le film prend un tour de plus en plus désaxé, pour nous entraîner peu à peu dans une sorte de cauchemar éveillé sous acide. Comme d’habitude Alexis Manenti est génial en justicier écorché, face à une Ella Rumpf (DES PREUVES D’AMOUR) en psy un peu inquiétante, sans parler des seconds rôles loufoques, de Vincent Dedienne à notre chouchou Bertrand Belin… Explosif, vraiment !