DILILI À PARIS

FRANCE
2018 1h35
6
Réalisé par Michel Ocelot
avec Elisabeth Duda, Liliane Rovère, Prunelle Charles-Ambron, Thissa d'Avila Bensalah, Enzo Ratsito

Dans le Paris de la Belle Époque, en compagnie d’un jeune livreur en triporteur, la petite kanake Dilili mène une enquête sur des enlèvements mystérieux de fillettes. Elle va d’aventure en aventure à travers la ville prestigieuse, rencontrant des hommes et des femmes extraordinaires, qui l’aident, et des méchants, qui sévissent dans l’ombre. Les deux amis feront triompher la lumière, la liberté et la joie de vivre ensemble.

MICHEL OCELOT PRESENTE DILILI A PARIS

Voici un nouveau conte, c’est ce que j’aime faire — jeunes héros, mystères,
découvertes, enlèvements, épreuves, lieux étonnants, rencontres multiples,
magiciens, bonne fée, très vilain sorcier, et triomphe des héros et du Bien, tout
cela dans un grand cadre historique…
Mais tout conte qui retient est bâti sur une armature secrète qui dit des choses
très sérieuses. Il s’agit de choisir entre deux façons de vivre.
Une société. À travers les diverses histoires que j’ai déjà racontées, j’ai pu
célébrer, d’une manière ou d’une autre, la civilisation de la Grèce, de l’Egypte, du
Japon, de l’Iran, de l’Afrique Noire, du Maghreb, des Antilles, de la Bohème, du
Tibet, des Aztèques, de l’Inde, de la Russie. Il m’a semblé qu’il était temps de
m’intéresser à une autre ethnie, les Français, et de célébrer une ville particulière,
Paris, où je vis, et que j’aime. J’ai choisi la « Belle-Époque », pour une raison
assez frivole, c’est le dernier moment en Occident où les femmes portent des
robes jusqu’à terre — c’est indispensable pour faire rêver, pour vêtir les reines,
les princesses et les primas donnas. Je me doutais bien que l’époque était
intéressante, mais pas au point où elle l’est en réalité. C’est une explosion
renversante de talents dans toutes les activités humaines, avec l’heureuse
présence et activité des femmes avec les hommes. Je montre bien sûr la beauté
des monuments de la ville, mais sans en parler. Car le portrait que je brosse
de Paris est celui des GENS. Ce sont eux qui ont fait de Paris une capitale
incomparable, leur multiplicité est étonnante, et ils viennent du monde entier.
Ce portrait s’efforce d’être assez juste historiquement (c’est une passionnante
réalité, qui nous enrichit aujourd’hui et qui fait défaut à certaines sociétés). Je
jongle cependant avec dates et rencontres à l’intérieur des 20 ans qu’a duré
cette époque, résumée aux quinze jours qu’occupe mon récit. Voilà pour la
peinture heureuse d’un Paris brillant et réel.
L’autre société. Le sujet est grave : la maltraitance des femmes par les hommes,
partout et de tout temps. Les femmes, et les petites filles. C’est l’abomination
majeure de l’humanité, on est peu conscient de son étendue. Il n’est pas
question de décrire cette réalité dans un film pour tous, j’ai recours à une image,
une secte dans des sous-sols. Cette métaphore est une invention, elle n’est pas
liée, elle, à l’histoire de Paris — aucune secte comparable, aucun préfet indigne,
aucun enlèvement d’enfant. Mais il faut parler d’un fléau terrible et le combattre.
Cela passe par un spectacle coloré pour les petits et les grands, en costume, et
dans les décors qui font rêver le monde…

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