FURCY, NÉ LIBRE
Adapté du livre L’Affaire de l’esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui.
Île de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l’esclave Furcy découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste, il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits…
Tous publics, avec avertissement
Avec FURCY, NÉ LiBRE, Abd Al Malik s’attaque à un pan de la mémoire coloniale française resté trop longtemps sous silence. L’histoire de Furcy Madeleine, qui découvre en 1817 qu’on l’a maintenu dans l’esclavage alors qu’il aurait dû être libre, et qui décide de saisir la justice. Ce geste, impensable pour l’époque, devient un acte de courage et un cas unique dans l’histoire judiciaire française. C’est ce combat qu’a voulu retracer le rappeur et slameur français Abd Al Malik, après avoir signé un premier long métrage adapté de son propre roman QU’ALLAH BÉNiSSE LA FRANCE. Formidable outil pédagogique pour mettre un visage sur la réalité de l’esclavagisme, du Code noir et des luttes pour la liberté, FURCY, NÉ LiBRE laisse aussi une place à la musique, au rythme et à la langue créole comme armes de survie et de résistance. Le film s’ouvre ainsi sur un chant de Danyel Waro, grande voix réunionnaise, dont le maloya fut longtemps interdit dans les colonies françaises…
CRiTiQUE DU CiNÉ-CLUB LES PASSAGERS :
Nourri, logé et au chaud, socialisation, amis, amour.
Ces mots sonnent comme un mot que nous prenons bien trop pour acquis : la liberté.
Et parfois, il suffit d’un instant pour que notre bulle éclate : ploc.
La réalité, la conscience, nous rattrapent.
Entourée par mon quotidien et mes tracas, bien trop souvent j’oublie que le passé a été meurtrier, sanglant, hypocrite, injuste pour tant d’autres, et que le futur le sera peut-être tout autant.
Furcy, né libre provoque un rappel poignant, dur mais nécessaire, et retrace l’histoire d’un homme pris au cœur de la tourmente esclavagiste, qui se bat pour obtenir justice. Cette justice qui est bien trop souvent laxiste, orientée vers les plus puissants, et qui s’avère être un chemin parsemé d’embûches et profondément décourageant.
Le film d’Abd Al Malik nous confronte à la réalité des violences et des conditions de vie que subissaient les esclaves au sein des colonies européennes. Il arrive comme une piqûre de rappel d’un passé bien trop peu mentionné.
Les techniques de cadrage, notamment les plans sur l’acteur incarnant Furcy, nous rappellent qu’un regard vaut mille mots et poussent le spectateur à la compassion, nous plongeant directement au cœur de son combat.
Un film parfois dur, mais nécessaire.