LE TEMPS DES MOISSONS
Chuang doit passer l’année de ses dix ans à la campagne, en famille mais sans ses parents, partis en ville chercher du travail. Le cycle des saisons, des mariages et des funérailles, le poids des traditions et l’attrait du progrès, rien n’échappe à l’enfant, notamment les silences de sa tante, une jeune femme qui aspire à une vie plus libre…
Un sentiment de plénitude et de dépaysement, c’est un peu ce que nous avons ressenti à la vision de cette chronique à hauteur d’enfant, qui évoque par endroits SÉJOUR DANS LES MONTS FUCHUN sorti en 2020, sur le destin d’une famille s’écoulant au rythme de la nature et du cycle des saisons. Comme ses prédécesseurs Jia Zhang-ke (ou Wang Bing), Huo Meng observe les mutations d’un paysage rural, bouleversant les cultures ancestrales et poussant à un exode massif vers les villes. De manière plus intimiste, il réunit ses propres souvenirs d’enfance pour reconstituer un monde perdu, qu’il fait vivre à travers le regard de cet enfant, sans jamais l’idéaliser. Il nous propose ainsi une très belle fresque rurale, magnifiquement photographiée et incarnée, récompensée par l’Ours d’Argent au dernier Festival de Berlin…