THE MASTERMIND
Compétition – Festival de Cannes 2025
Massachussetts, 1970. Père de famille en quête d’un nouveau souffle, Mooney décide de se reconvertir dans le trafic d’œuvres d’art. Avec deux complices, il s’introduit dans un musée et dérobe des tableaux. Mais la réalité le rattrape : écouler les œuvres s’avère compliqué. Traqué, Mooney entame alors une cavale sans retour…
Kelly Reichardt est décidément une cinéaste singulière et précieuse, dans sa manière de revisiter le cinéma américain et ses mythes. Après CERTAiNES FEMMES, où elle revisitait le western à l’aune de la place des femmes, elle aborde ici à nouveau un genre cinématographique typiquement américain (les films de braquage des années 70), pour le débarrasser de ses clichés très masculins. Débutant sur des airs d’élégante comédie en sourdine, THE MASTERMiND met en scène un enseignant s’adonnant à l’art du vol de tableaux sans véritable motif, et avec un dilettantisme décalé. Celui-ci est incarné par Josh O’Connor, vu en cow-boy mélancolique dans le beau REBUiLDiNG et que l’on retrouvera prochainement dans LE SON DES SOUVENiRS d’Olivier Hermanus aux côtés de Paul Mescal, autre icône de la masculinité revisitée. Peu à peu, le film prend la forme d’une errance à la tristesse poignante, portrait en creux d’une Amérique marginale, reconstituée avec brio et minimalisme par la photographie aux tons bruns de Christopher Blauvelt…