FJORD
Palme d’Or - Festival de Cannes 2026
Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, s’installent dans un village au bout d’un fjord où ils se lient rapidement d’amitié avec leurs voisins, les Halberg. Les enfants des deux familles deviennent très proches, malgré des éducations différentes. Lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu, la communauté se demande si l’éducation traditionnelle que les enfants Gheorghiu reçoivent de leurs parents pourrait en être la cause.
Il y a comme une obsession chez Cristian Mungiu qui semble ne jamais quitter son esprit. La certitude est un concept auquel il n’adhère pas et, de surcroît, il a le besoin de l’interroger et par la même occasion nous remettre en question. Nul point de vue n’est valide sans un postulat contraire semble-t-il vouloir nous dire. Il construit ainsi des séquences avec une minutie et une économie de plans laissant notre interprétation prendre la direction qu’elle souhaite. C’est la force de son cinéma depuis sa Palme d’or précédente 4 MOiS, 3 SEMAiNES, 2 JOURS. Ici il pose sa caméra en terre inconnue, plaçant l’intrigue dans un cadre interculturel où la langue est un vecteur à la fois de parole, de culture et de vision du monde. Le film ose traiter un problème grave en évitant toute conclusion hâtive. Et c’est passionnant !