VICTOR COMME TOUT LE MONDE
Habité par Victor Hugo, le comédien Robert Zucchini traîne une douce mélancolie lorsqu’il n’est pas sur scène. Chaque soir, il remplit les salles en transmettant son amour des mots. Jusqu’au jour où réapparaît sa fille, qu’il n’a pas vue grandir… Et si aimer, pour une fois, valait mieux qu’admirer ?
Fabrice Luchini, on le sait, est un amoureux des mots et en particulier des textes de Victor Hugo, qu’il déclame depuis des années dans des salles à guichets fermés, avec la même ferveur et le même goût du théâtre. Mais qu’est-ce au fond qu’une vie d’artiste qui se consacre aux mots, au point d’en oublier parfois les autres ? C’est cette idée qu’explore de manière décalée cette « fantaisie » de Pascal Bonitzer, sorte de variation autour d’un personnage en quête d’auteur nommé Zuchini, ressemblant étrangement au comédien bien connu. On reconnaîtra dans ce scénario écrit à deux mains la patte de sa compagne et cinéaste Sophie Fillières, disparue en 2023. Luchini, lui, semble s’amuser avec son image de comédien un brin réac, bousculé ici dans ses certitudes par la jeune génération qui a aussi des choses à lui apprendre sur le théâtre et sur la vie…